Auteur : Hito
E-mail : h_hito76@yahoo.fr
Résumé : Une petite confrontation entre Carter
et O’Neill…
Genre: Romance S/J… Débile…
Spoilers: Peu importe
Disclaimer : Les personnages et l’univers ne sont pas
à moi mais à la MGM…
- 15… A vous !
Comment cela avait-il commencé ? Aucun des deux ne s’en souvenait
ou avait l’esprit suffisamment clair pour s’en souvenir… Assis
en tailleur l’un en face de l’autre, ils commençaient à
sentir le sol tanguer dangereusement tout autour d’eux.
- Alors ? … Vous laissez tomber, Mon Colonel ?
- Vous plaisantez, j’espère ?!
Sur ces paroles, il empoigna maladroitement la bouteille de Whisky et remplit
son verre à raz bord. Une bonne partie du précieux liquide s’écoula
sur le sol, sous le regard amusé de Carter. Ignorant volontairement le
sourire de la jeune femme, O’Neill porta dignement la coupe à ses
lèvres mais ne put empêcher son nez de se froncer. L’odeur
commençait sérieusement à le rendre malade… C’était
mauvais signe.
Jamais il n’aurait pensé que son second, en apparence sérieuse
et posée, avait une telle descente ! Il était bien attrapé…
Mais il ne pouvait pas perdre ! L’enjeu était bien trop important
! Alors, retenant sa respiration, il fit couler le breuvage dans sa bouche et
au prix d’un grand effort, parvint à l’avaler.
- 15 ! … Major… à vous…
Fichtre ! Combien de temps allait-il encore tenir ? se demanda Carter en reportant
son attention sur la bouteille. Elle savait qu’elle pouvait battre n’importe
qui à ce petit jeu-là mais elle avait pensé qu’O’Neill
abandonnerait beaucoup plus vite. C’était sans compter sa volonté
de fer et sa légendaire obstination ! … Ce n’était
pourtant pas faute de le connaître… Bah ! Il voulait se rendre malade
? Tant pis pour lui !
Résolument, Sam prit la bouteille, se servit et, sans nulle hésitation,
avala le contenu de son verre d’une traite.
- 16 !
Comment faisait-elle ça ? Elle buvait ce Whisky comme s’il s’agissait
de jus d’orange ! Où avait-elle appris à tenir l’alcool
de cette façon ? Il faudrait qu’il en touche deux mots à
Jacob, songea-t-il, perfide…
Enfin ! Il était dans de beaux draps, maintenant. Perdre la face devant
elle était bien la dernière chose qu’il voulait… Euh…
Oui, bon… Il la perdait souvent devant elle mais pas pour des choses aussi
simples, à sa portée à lui !
En tout cas, il pouvait dire adieu à sa récompense…
Ils
avaient tous deux inscrits sur un bout de papier ce à quoi ils auraient
droit s’ils remportaient ce pari. Bien sÜr, aucun des deux ne savait ce
qu’avait écrit l’autre. Carter, après avoir longuement
hésité, l’avait regardé de travers lorsqu’elle
avait griffonné le sien. A coup sûr, il était bon pour nettoyer
son labo pendant les prochains jours à venir !
« La garce ! …
Hips ! »
Quant à sa récompense à lui… Raah!… Non ! Il
ne pouvait pas laisser tomber!
Furieux, il empoigna la bouteille à moitié vide maintenant et
se versa un autre verre. Il le but dans la foulée sans se poser de questions.
- 16 ! A vous… Carter… (Burps !)
« A ben ça alors ! »
Sam l’avait cru vaincu mais non
! Elle ne savait pas ce qui était inscrit sur ce bout de papier mais
ça semblait être extrêmement motivant ! A moins que ça
ne soit sa fierté qui lui permettait de continuer… Quoiqu’il
en soit, elle non plus n’abandonnerait pas ! Hors de question ! Et le
fait de voir double n’y changerait rien… Pourvu, seulement, qu’il
ne voit pas qu’elle était à bout… Tant qu’il
la pensait maître du jeu, elle avait une chance de le voir abandonner
plus facilement. Elle parvînt donc, au prix d’un énorme effort,
à maintenir son sourire sur les lèvres sans faiblir. Elle savait
que ça l’énervait !
- Alors… Caw… Carter ?
« Ne pas trembler ! Ne pas trembler !… » Elle prit la bouteille
et se remplit un verre.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, Mon Colonel, répondit-elle calmement.
« Ne pas renverser ! Ne pas renverser !… » Et elle but.
- 17 !
O’Neill avait suivi le mouvement de la jeune femme avec le plus d’attention
possible compte tenu de son état actuel. Pas une goutte n’était
tombée de son verre, pas un tremblement n’avait secoué sa
main. Et ce sourire supérieur qu’elle ne quittait plus …
Lui avait déjà bien du mal à empêcher ses zygomatiques
de se contracter toutes les dix secondes ! Eh bien il était beau, le
grand Jack O’Neill ! Et ce foutu sol qui ne cessait de le ballotter de
gauche à droite, de droite à gauche… Si seulement il pouvait
arrêter de bouger pendant une minute !
- Colonel ? Vous allez bien ? demanda alors Carter, ironique.
Pour toute réponse, O’Neill la fusilla du regard.
Il avança alors la main, manqua la bouteille à deux reprises puis
finit par l’empoigner.
- Vous voulez peut-être que je vous serve, Mon Colonel ?
- Carter… Taisez-vous et laissez-moi me concentrer…
Il attrapa son verre, fit couler le Whisky dedans et en renversa la plupart
sur sa main. Un juron s’échappa de ses lèvres tandis
qu’il reposait bruyamment la bouteille par terre. Pendant quelques secondes, son regard resta fixé sur son verre. Mais
plus il se concentrait sur lui et plus le reste tout autour devenait flou et
tourbillonnant.
Le cœur battant, Carter attentive regardait son supérieur se balancer
de plus en plus vite. Le contenu de sa coupe se vidait à chaque secousse.
Ouvrant la bouche pour signaler qu’il trichait, elle la referma aussitôt
tandis qu’O’Neill, les yeux vitreux, s’effondrait en arrière
les bras en croix. Son verre vide roula sous le bureau, très vite rejoint
par la bouteille que le genou du Colonel venait de renverser.
L’espace d’un instant, Sam, inquiète, se redressa tant bien
que mal et se pencha vers lui. Un coma éthylique était toujours
possible même s’ils étaient assez grands pour savoir quand
il fallait s’arrêter.
- Carter… Vous avez gagné, l’entendit-elle grogner cependant.
La jeune femme sourit et se redressa. Elle avait toutes les peines du monde
à ne pas faire comme lui : s’affaler sur le sol et attendre que
ça passe.
- Alors… Montrez-moi ce… fichu papier que je vois mon … gage,
continua-t-il, toujours allongé sur le dos.
Sam, soudain nerveuse, fouilla fébrilement dans sa poche et en sortie
le papier en question. Elle sembla hésiter puis le lui tendit. Maladroitement,
O’Neill le déplia et se concentra afin de déchiffrer l’écriture
petite et fine de la jeune femme.
Carter, très droite, fixait anxieusement le visage de son supérieur,
attendant une quelconque réaction, mais en vain.
- Major… grogna-t-il au bout d’un moment, la faisant sursauter.
« Major… C’est pas bon signe… » songea-t-elle,
regrettant déjà l’idée folle qui lui était
venue à l’esprit lorsqu’ils avaient parlé d’un
gage. Peut-être n’était-il pas assez saoul !?
- Major, reprit-il… La prochaine fois, écrivez plus gros…
Je n’arrive pas à lire…
Les bras de Jack retombèrent lourdement le long de son corps, le papier
dans la main.
Hésitante, Sam regarda l’homme allongé devant elle. Il avait
les yeux vitreux, mais un sourire sensuel sur son visage.
« Oh et puis… ! »
- Je vais vous montrer, murmura alors la jeune femme, se penchant doucement sur
lui et posant ses lèvres chaudes sur les siennes.
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Daniel les avait cherchés partout mais en vain ! Jack et Sam devaient
pourtant le rejoindre au mess depuis plus de vingt minutes maintenant. C’était
pourtant eux qui avaient tout fait pour le sortir de son bureau, et la tête
de ses « bouquins poussiéreux »…
Il ouvrit alors la porte de son bureau et se figea aussitôt. Ils se trouvaient
tous les deux devant lui, allongés sur le sol, les bras en croix.
Instinctivement, il décrocha le téléphone mural près de
l’entrée :
- Ici le Dr Jackson ! J’ai besoin d’une équipe médicale
de toute urgence dans mon bureau !
Il s’élança ensuite vers ses amis mais fut soudain stoppé
dans son élan par une odeur fort reconnaissable qui venait de lui chatouiller
les narines.
- Mais qu’est-ce que… ?
Il regarda autour de lui en reniflant et découvrit une bouteille de Whisky
sous la table. Celle-ci était à présent vide, le contenu
s’étant déversé sur le sol.
- Ma bouteille !! s’exclama-t-il alors, furieux.
C’était un Whisky très cher ! Un Gragganmore, 40 ans d’âge
! Il l’avait achetée et gardée précieusement pour une
grande occasion : la découverte de la cité perdue des Anciens…
Et ces deux-là s’étaient permis de la vider !!! Ils l’avaient
appelé au mess afin de l’éloigner de SON bureau pour se
cuiter avec SON Whisky !
Jack se mit soudain à grogner, attirant du coup l’attention de
Daniel. Le regard de celui-ci tomba sur un morceau de papier qu’O’Neill
tenait précieusement serré entre ses doigts. Tant bien que mal,
son ami ne voulant visiblement pas le lâcher, Daniel parvint cependant
à le lui prendre. Une fois déplié, il reconnu l’écriture
de Sam et le lut. Un sourire étira alors les lèvres du jeune homme.
Il se tourna vers Carter et découvrit un autre morceau de papier dans
la main de celle-ci. Il le déchiffra et son sourire s’élargit.
Entendant soudain les pas précipités de l’équipe
médicale derrière son dos, Daniel rangea précipitamment
les deux petits mots dans ses poches. Mieux valait que tout cela reste secret
!
Mais cet évènement majeur méritait bien le prix d’une
bouteille de Whisky 40 ans d’âge !
Un baiser, Carter !
Un baiser, Mon Colonel !
FIN