Auteur : Hito
E-mail : h_hito76@yahoo.fr
Résumé: Jour J-5 !
Genre: Romance S/J
Spoilers: Peu importe mais il faut avoir lu mes fics «
Le Pacte » et « Le Pacte 2 »
Disclaimer : Les personnages et l’univers ne sont pas
à moi mais à la MGM…
NB/ Encore de la guimauve ! ;-)
Lorsque Sam s’assit sur son siège en salle de Briefing, elle poussa
un soupir si puissant que deux paires d’yeux vinrent aussitôt se
poser sur elle. La jeune femme, sentant venir des questions à auxquelles
elle n’avait aucune envie de répondre, préféra les
devancer :
- J’étais en train d’expérimenter quelque chose de
vraiment intéressant, dit-elle en écartant les bras d’impuissance.
A peine avait-elle dit cela que Daniel renchérissait de suite, comme elle
l’avait espéré. Aucun Briefing n’était normalement
prévu aujourd’hui et pourtant ils avaient été fait
appelés quelques minutes auparavant. Et pour tout dire, cela arrangeait
particulièrement Sam, contrairement à ce qu’elle avait sous-entendu
à ses amis.
Depuis plusieurs jours, pas moyen de se concentrer sur ses recherches. Le noeud
continuel au ventre, les questions qui tourbillonnaient dans sa tête étaient
seuls responsables du soupir qu’elle avait lâché malgré
elle.
Plus que cinq jours.
Indifférente au discours de Daniel, la jeune femme se tourna vers la
porte fermée du bureau du Général Hammond. D’ordinaire,
celui-ci était le premier en salle de Briefing, avant même qu’ils
n’arrivent. Etrange... Son regard glissa vers la petite fenêtre
de séparation et elle tressaillit violemment tandis qu’apparaissait
à travers la vitre la silhouette familière du Colonel O’Neill
en grande discussion avec son supérieur.
Voilà à quoi elle en était réduite. A sursauter
comme une idiote, le coeur cognant à se rompre dans la poitrine, les
mains moites, une boule dans la gorge... Aussi troublée qu’une
ado à son premier rendez-vous ! Pathétique !
Cherchant à se calmer, elle voulut détourner le regard mais en
était tout simplement incapable.
Ce qu’elle ressentait depuis quelques semaines devenait de plus en plus
ingérable. L’impatience et l’excitation mélangées
à une bonne dose d’anxiété la tenaient éveillées
une grande partie de la nuit et rendaient ses journées particulièrement
difficiles. Non pas que la fatigue accumulée la rendait moins efficace
mais beaucoup plus maladroite vis à vis de son supérieur direct.
Et Dieu sait pourtant qu’elle aurait aimé ne pas avoir à
rougir de la moindre bévue devant lui...
Non, les seuls moments où elle parvenait encore à rester en pleine
possession de ses moyens étaient en mission. Elle passait la Porte et
retrouvait brusquement tout son sang froid. L’habitude peut-être.
Ou bien une faculté de compartimenter ses émotions qu’elle
ne se connaissait pas. Cela dit, à peine de retour à la base et
hop... les mains tremblantes, les rougissements incontrôlés. Il
devait bien s’amuser à la voir sursauter à chaque fois qu’il
la frôlait...
Elle, en revanche, ne riait pas.
Mais pas du tout.
Car depuis un an, depuis cette fameuse soirée, il n’avait plus
dit un mot, il n’avait plus eu un seul regard ambigu.
Certes, n’avait-elle pas eu les mêmes craintes l’année
précédente ? Du baiser échangé sur P2X566 à
la fête d’anniversaire de Joan Brown, il s’était montré
d’une indifférence douloureuse qui l’avait longuement fait
douter. Et pourtant...
« Je n’ai pas oublié »
Et elle non plus n’avait pas oublié. Ni le moindre petit mot, ni
l’éclat de ses yeux lorsqu’elle avait cru, l’espace
d’un instant, qu’il allait de nouveau l’embrasser.
Mais tout semblait si loin, maintenant. Il s’était passé
tant de choses, surtout depuis ce fameux baiser. Elle avait tenté à
plusieurs reprises de se remémorer la douceur de ses lèvres, la
chaleur de son souffle, la caresse de sa main sur sa joue... Hélas, le
temps aidant, ces sensations avaient fini par s’effacer de son esprit.
Deux ans. Cela faisait deux ans. Une éternité.
Alors elle se concentrait sur ce qu’elle avait aperçu, il y a un
an. La tendresse et la fièvre dans son regard brun...
Et elle le voyait maintenant tandis qu’il sortait du bureau en compagnie
du Général, les mains dans les poches, le dos droit, la mine sérieuse...
On aurait dit un autre homme.
Il s’arrêta à quelques pas de la table de Briefing, toujours
en grande conversation avec Hammond et Sam soupira de nouveau.
S’il avait changé d’avis, s’il ne voulait plus d’elle,
jamais elle ne pourrait s’en remettre. La déception serait insupportable.
Elle avait l’étrange impression d’avoir passé sa vie
à l’attendre. Certes, ça ne faisait que deux ans, mais son
désir, ses espoirs étaient si forts que sa réalité
en semblait bouleversée.
Une peur panique de le perdre vint soudain la prendre à la gorge mais
elle la repoussa vaillamment. Plus que cinq jours et s’il faisait ce qu’il
lui avait promis, « il » serait à elle. A cette pensée,
elle sentit son coeur s’emballer furieusement, bien qu’un pincement
douloureux persistait.
Sans prêter davantage attention à ce qui l’entourait, elle
concentra son regard sur les lignes dures et viriles de son profil parfait,
imaginant déjà ses propres doigts glisser sur sa peau, redessinant
la courbe abrupte de ses sourcils froncés, l’arête droite
de son nez et la crispation de sa mâchoire volontaire.
Un soupir tremblant s’échappa de ses lèvres tandis que ses
yeux descendaient plus bas, le long de son cou bronzé où la peau
se perdait sous son tee-shirt noir. Ce délicieux tee-shirt noir qui ne
cachait rien de la musculature puissante et nerveuse de « Jack O’Neill
»...
Le pincement douloureux s’accentua brusquement tandis que l’envie
presque insoutenable de le toucher la faisait gémir involontairement.
Elle se racla aussitôt la gorge et détourna les yeux, espérant
que personne ne l’ait entendu, hélas le haussement significatif
du sourcil de Teal’c et le regard amusé de Daniel la firent déchanter.
Rouge de confusion, elle tenta de ne prêter aucune attention à
ce dernier qui se penchait à présent vers elle pour lui glisser
à son oreille :
- Va falloir être plus discrète, Sam...
Elle le fusilla aussitôt du regard et reporta son attention sur ses mains
nerveusement croisées devant elle. Si même Daniel avait remarqué
son petit manège, elle n’osait imaginer ce qu’avait bien
pu voir le Colonel...
Honteuse, la jeune femme finit cependant par se redresser tandis qu’Hammond
prenait enfin la parole et que Jack s’asseyait devant elle.
- Bien... J’ai une annonce à vous faire concernant SG1 et le Colonel
O’Neill en particulier.
Le bond que fit le coeur de Sam dans sa poitrine lui coupa momentanément
le souffle. Elle tourna aussitôt la tête vers le principal intéressé
mais celui-ci continuait d’observer son supérieur, comme si de
rien n’était.
Pas un regard vers elle depuis qu’il avait pénétré
la salle de Briefing. Rien.
- Le Colonel, poursuivit Hammond, va prendre dans quelques jours le commandement
du SGC.
Toute couleur se retira aussitôt de son visage. Incrédule, elle
se tourna de nouveau vers Jack mais il persistait à refuser une confrontation.
Et pour cause !
Il allait prendre la tête de la base. Il avait préféré
une promotion... à elle.
Elle entendit à peine les questions de Teal’c et Daniel qui fusèrent.
Bouleversée, elle ne parvenait pas à reprendre pied.
Elle venait de le perdre. C’était terminé. Plus d’avenir
avec lui. Plus d’avenir...
Refoulant le sanglot qui resta par chance bloqué dans sa gorge, elle
sortit cependant de sa torpeur lorsque la voix grave de Jack s’éleva
par-dessus celles des autres.
- Je tiens cependant à préciser que je vais démissionner
de l’armée.
Ces mots pénétrèrent son esprit rendu brumeux par la douleur
et d’un mouvement vif, elle redressa la tête.
- Vous démissionnez ? demanda Daniel sans comprendre. Mais alors... Comment
allez-vous commander la base ?
- Je ne saisis pas, O’Neill, renchérit calmement Teal’c.
- Je vais diriger le SGC en tant que civil.
Le coeur de Sam battait à présent à se rompre dans sa poitrine,
lui donnant presque le tournis.
Il allait démissionner. Il allait démissionner !
La respiration courte, les joues en feu, elle serra ses deux mains l’une
contre l’autre et sursauta presque lorsque Daniel demanda :
- Mais pour quelle raison ? Pourquoi démissionner ? Vous seriez passé
Général, non ?
Observant de nouveau son supérieur avec attention, Sam attendit sa réponse,
suspendue à ses lèvres, désespérant de croiser enfin
son regard.
- Le président voulait mettre un civil à la tête du SGC
alors j’ai consenti à démissionner... La paie sera bien
meilleure, en plus ! rajouta-t-il avec un clin d’oeil entendu.
Tous sourirent à cette boutade. Tous sauf elle...
***************************
Sam pénétra dans son labo d’un pas fébrile. La main
posée sur la porte, elle hésita un court instant à la refermer
violemment. Avec quel plaisir elle l’aurait entendue claquer à
en faire trembler les murs ! Mais finalement elle se contint, la laissa ouverte
et partit s’asseoir à son bureau.
Il allait la rendre complètement folle ! A croire qu’il faisait
exprès de jouer avec ses nerfs ! Il ne l’avait pas regardé
une seule fois pendant tout le Briefing ! Pas une !… et pourtant ce n’était
pas faute d’avoir jeté de fréquents coups d’œil
de son côté, au risque d’être plus que suspecte aux
yeux de Daniel !
Dans un soupir tremblant, elle passa une main nerveuse dans ses cheveux courts.
Elle avait l’impression d’étouffer.
Bien sûr, la démission du Colonel était une très très
bonne nouvelle mais le fait que ce soit l’une des conditions demandée
par le Président ne l’avançait guère. D’autant
plus qu’il avait soigneusement évité de se tourner vers
elle durant toute la discussion. Avait-il eu peur qu’elle se fasse des
idées ? Ou bien craignait-il de lire dans ses yeux une gêne due
à l’éventualité d’un refus ? Après tout,
peut-être se posait-il exactement les mêmes questions qu’elle,
en ce moment même ?… Oui, enfin… Etant donné son comportement
de ces derniers jours, il serait miraculeux qu’il n’ait pas deviné
qu’elle n’attendait que lui...
- Carter ?
Sursautant violemment, elle leva vivement la tête tandis que le chaos
le plus total se faisait à l’intérieur même de son
corps : cœur qui se met à battre furieusement, bouffées de
chaleur, tremblements incontrôlés.
Quand donc cela prendrait-il fin ? songea-t-elle avec une pointe d’agacement.
- … Mon Colonel… ? parvint-elle à bafouiller au bout de quelques
secondes.
Elle vit aussitôt un sourire amusé étirer ses lèvres
fines et comprit avec honte qu’il était parfaitement conscient
de l’effet qu’il produisait sur elle.
- Vous êtes occupée ? demanda-t-il innocemment.
La fierté de Sam lui dicta de l’envoyer paître de la plus
froide des façons. Il l’agaçait prodigieusement, à
l’observer ainsi… mais… passer à côté
de l’un des moments les plus importants de sa vie par simple orgueil lui
sembla ridicule.
- Rien d’important, Monsieur.
Il acquiesça aussitôt et se retourna. L’espace d’un
instant, elle crut qu’il allait tout bonnement ressortir et la laisser
en plan mais elle finit par comprendre qu’il allait simplement refermer
la porte pour les isoler.
Tandis qu’il lui tournait encore le dos, Sam ferma les yeux, souffla le
plus silencieusement possible afin de se détendre et redressa courageusement
la tête. Une fois la porte close, Jack reporta son attention sur elle
et s’adossa contre le battant, les bras croisés devant lui…
Elle déglutit péniblement, attendant qu’il reprenne la parole.
- Notre arrangement tient toujours ? demanda-t-il au bout d’un instant.
Parce que je peux encore faire machine arrière.
Les mains nerveusement cachées sous son bureau, elle sentit à
peine ses ongles s’enfoncer dans sa chair tant elle était troublée.
Un bon point… il ne lui disait pas qu’il avait fait une erreur il
y a deux ans, qu’il regrettait, etc. Bien… Mais…
- Vous le voulez ? parvint-elle à articuler, trouvant un moyen de détourner
sa question.
- Non, répondit-il aussitôt avec l’assurance d’un homme
qui ne doutait pas du bien fondé de sa décision.
Bouleversée, elle mit quelques secondes à se reprendre si bien
qu’il s’agita, soudain nerveux.
- Alors ? insista-t-il d’une voix un peu moins assurée.
- Oui, il tient toujours.
Elle le vit aussitôt se détendre et un sourire naquit sur leurs
deux visages. D’un pas souple, avec une lenteur cependant calculée,
il s’avança vers elle et s’arrêta juste devant son
bureau.
Le cœur de Sam cognait furieusement dans sa poitrine. Cette proximité,
l’intimité de ce lieu clos et surtout le sous-entendu des paroles
échangées la mettaient dans un état indescriptible. Face
au regard fiévreux de la jeune femme, le sourire de Jack s’accentua,
augmentant un peu plus la tension entre eux.
- Va falloir éviter les coins sombres Major, si vous continuez de me
regarder comme ça…
A ces mots et plus encore face à l’éclat changeant de ses
yeux bruns, Sam sentit son sang ne faire qu’un tour et son corps se mettre
littéralement à brûler.
Les mains de Jack, ses lèvres sur elle, sa peau contre la sienne…
des images affluèrent brusquement lui asséchant la bouche mais
curieusement son cerveau continua à marcher et lui apporta à vitesse
grand V une solution partielle à sa frustration devenue insoutenable.
D’un geste souple, elle se leva et partit s’adosser au mur dans
un des angles de la pièce. Perplexe, O’Neill la regarda faire sans
comprendre. Certes, elle était à présent placée
dans l’angle mort de la caméra au-dessus d’elle mais il restait
toujours l’autre juste en face.
Un sourire aux lèvres, Sam la lui désigna du doigt et Jack se
retourna.
Il n’y en avait plus !
- Elle est tombée en panne, hier, expliqua-t-elle doucement. Elle se
trouve en ce moment même en réparation…
Lorsqu’elle croisa de nouveau son regard, celui-ci avait changé.
Plus sombre, plus chaud… le même qu’il avait eu pour elle
un an auparavant. Le sourire qui étirait maintenant ses lèvres
la faisait trembler. La respiration courte, elle observa son supérieur
tandis qu’il prenait l’un des dossiers sur la table pour le feuilleter
négligemment. La première caméra marchait encore et s’il
disparaissait trop vite des écrans, l’attention du garde chargé
de la surveillance pourrait être attirée par eux.
Il fit quelques pas dans la pièce, le regard toujours accroché
à la jeune femme. Elle avait la sensation étrange de se liquéfier
sous l’intensité de ses yeux et ses jambes avaient de plus en plus
de difficulté à la porter… Elle avait sérieusement
besoin d’un coup de main… C’est ce qu’en déduisit
certainement le Colonel puisqu’il finit par reposer brusquement le dossier
sur la table et se dirigea d’un pas vif vers elle.
Lorsqu’elle reprit ses esprits, une masse sombre et puissante la plaquait
contre le mur. Le parfum viril de son after-shave lui fit perdre la tête
et, levant son visage vers Jack, elle eut à peine le temps de prendre
une bouffée d’air avant qu’il ne la bâillonne d’un
baiser. Un gémissement s’échappa de sa gorge tandis qu’elle
sentait déjà sa langue chercher à se frayer un passage
jusqu’à elle. Elle s’ouvrit instinctivement à lui
et ses bras vinrent bientôt enlacer sa nuque bronzée. A peine consciente
de ce qu’elle faisait, ses mains s’animèrent toutes seules
et commencèrent à glisser sur la peau de son cou pour descendre
vers ses larges épaules. Elle sentit avec délice ses muscles nerveux
rouler sous son tee-shirt et d’un geste passionné, elle se colla
un peu plus contre lui et répondit avec plus de fièvre encore
à son baiser.
Elle l’entendit gémir à son tour tandis qu’il abandonnait
à présent ses lèvres pour glisser sur son cou tendu, traçant
un sillon brûlant et humide. Elle pouvait sentir la force de son désir
à travers son souffle irrégulier et la pression de plus en plus
forte de son corps contre elle, de ses reins contre les siens.
- Sam… gémit-il avant de se redresser brusquement, haletant.
Surprise, la jeune femme se tourna vers lui et observa les muscles de sa mâchoire
se crisper sous ses efforts incessants pour retrouver son sang froid.
- … Faut que je me calme… murmura-t-il, un sourire amusé
sur les lèvres.
Sam sourit à son tour, les jambes tremblantes, le cœur cognant à
coups redoublés dans sa poitrine. Elle garda cependant les mains posées
sur ses épaules. Maintenant qu’elle avait le droit de le toucher,
elle ne voulait plus rompre ce délicieux contact…
Quelques secondes plus tard pourtant, Jack s’écarta légèrement
d’elle et posa ses paumes sur le mur de chaque côté de son
corps. Puis, lentement, il appuya son front brûlant sur son épaule
et ferma les yeux. Son corps était maintenant à quelques centimètres
d’elle et seul son visage touchait la jeune femme. Et pourtant, ainsi
encerclée, même à distance, elle se sentait bien. Il était
si proche. Plus proche que jamais.
Alors, lentement, elle glissa une main sur sa nuque et caressa tendrement sa
peau à la naissance de ses cheveux courts.
Il gémit aussitôt et soupira de bien-être, arrachant un sourire
à la jeune femme. C’était un geste si simple, mais quel
plaisir de pouvoir le faire à lui. Plus que cinq jours et elle pourrait
le serrer contre elle, l’embrasser, l’aimer… sans interdits…
Jusqu’ici, elle s’était seulement permise de fantasmer sur
lui et sur leur première fois. Certes, ce n’était pas nouveau.
Cela avait commencé dès leur rencontre… Pourtant, dans ses
pensées, elle n’avait jamais été plus loin que ce
désir physique. Jamais elle ne s’était imaginer vivre une
relation sentimentale avec lui de peur que jamais cela n’arrive.
Mais à présent, tout était devenu possible.
Regarder un film, la tête posée sur ses cuisses, ses longs doigts
nerveux caressant ses boucles blondes.
Tous les deux dans la cuisine, les mains pleines de farine, tentant de préparer
quelque chose de comestible.
Même l’idée d’aller faire les courses avec lui avait
un petit goût de paradis !
- Ca vous dirait, quelques jours dans le Minnesota ? dit-il au bout d’un
instant.
Ces mots la firent sourire, rêveuse.
- Mmmm, répondit-elle simplement.
- On irait se balader près du lac. Je connais un coin parfait. On prendrait
de quoi pique-niquer et on passerait la journée là-bas…
Sam ferma les yeux, visualisant déjà la scène. Il manquait
juste une petite chose…
- Et après manger, on s’allongerait sur la couverture et on ferait
l’amour… rajouta-t-elle donc.
Jack soupira aussitôt et frotta doucement son nez contre le cou de la
jeune femme avant de reprendre sa pose initiale. Il semblait apprécier
le programme…
- On rentrerait après le coucher du soleil et j’allumerai un feu
dans la cheminée, poursuivit-il d’une voix plus rauque.
- On s’assoirait devant les flammes et on discuterait pendant des heures…
Un nouveau silence accueillit ces mots puis Jack redressa légèrement
la tête afin de finir au creux de son oreille :
- Ensuite, je te ferais glisser par terre, sur le tapis, et te ferais de nouveau
l’amour…
Un violent frisson la parcourut, à la fois bouleversée par ce
tutoiement, l’intimité de ces propos et la chaleur de sa voix.
Dire qu’elle devait patienter encore cinq jours, sans compter l’attente
d’une permission…
- On se rejoint en haut dans dix minutes ? lâcha cependant Jack à
sa grande surprise.
Posant ses mains sur ses épaules, Sam l’écarta légèrement
d’elle, l’obligeant ainsi à se redresser et à croiser
son regard.
- Quoi ?
- J’ai finalement démissionné aujourd’hui et Hammond
nous donne une semaine de vacances. J’ai pas pu attendre… Pas avec
la façon que tu as eu de me dévorer des yeux dans la salle de
Briefing…
A ces mots, elle rougit violemment mais sourit malgré tout.
- Dans dix minutes, insista-t-il devant son silence.
Elle acquiesça, son cœur s’accélérant de nouveau
à la perspective d’être enfin seule avec lui, loin de la
base et loin du règlement.
- Dans dix minutes !… Mais ne sois pas en retard, rajouta-t-elle avec
une pointe d’humour dans la voix.
Plongeant son regard brûlant dans le sien, Jack murmura :
- Aucun risque…
FIN
Je vous avais prévenu ! C’est de la pure guimauve !