Sacrée soirée !


Auteur: Ghitoc
Email: gjc597@msn.com & h_hito76@yahoo.fr
Genre: Romance/Humour
Saison: Début Saison 7 (Pete n'existe pas !)
Résumé: Une… sacrée soirée…
Disclaimer: Les personnages sont la propriété de la MGM et de Sony…
Commentaires: Le titre est un clin d’œil à une demoiselle exilée bien loin de la civilisation… la nôtre, de civilisation…

Remerciements d’Hito: Alors voilà ! C’est notre tout premier bébé ! ;-) J’ai passé un super moment à écrire cette fic avec toi, miss ! Un vrai régal et de la franche rigolade ! J’espère avoir l’occasion d’en faire plein d’autres ! Des petits bonheurs comme ça, ça donne la pêche et ça remonte le moral ! Merciiiiiiii !

Remerciements gjc597: Je me serais bien contentée de mettre un "idem ici" en guise de réponse, mais bon … tu mérites mieux que ça '-)
En plus d'avoir été un immense plaisir, ce fut également un honneur pour moi de participer à l'élaboration de cette fic. Passée la surprise de ta proposition de collaboration, c'est la trouille au ventre que j'ai commencé à écrire quelques lignes. Tes encouragements et ta bonne humeur aidant, je me suis vraiment éclatée à écrire cette histoire.
Aussi, le petit scarabée que je suis, remercie le Grand Maître que tu es, pour ces supers moments ;-) . (argg !!! Il a évidemment fallu que tu le mettes !! Saperlotte ! ;-) )
Et pour une autre fic (sans Pete hein!), c'est quand tu veux ;-) (Moi j’aime bien Pete !!… Enfin, plus exactement, j’aime bien humilier Pete ! ;-))

 

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Sam reposa bruyamment sa pinte à présent vide sur la table et jeta un coup d’œil désespéré vers le bar. Elle reprendrait bien une autre bière pour noyer le fiasco de cette soirée…
Dans un soupir, elle leva le bras pour attirer l’attention d’un des serveurs qui se mouvaient entre les tables avec une rapidité et une dextérité qui dénotaient une grande habitude. Le jeune homme, un rouquin au visage parsemé de tâches de rousseur, s’arrêta aussitôt à ses côtés, un plateau dans la main, et Sam jeta un œil machinal vers la pinte encore presque pleine de son compagnon.

- Une autre pour moi, s’il vous plait, dit-elle.
- Tout de suite, m’dame ! s’exclama le gamin au fort accent irlandais.

Certainement un jeune étudiant fraîchement débarqué de son pays outre-atlantique, songea-t-elle tandis qu’il faisait disparaître sa chopine vide avant de plonger dans la foule grouillante.
Au moins, ils avaient réussi à avoir une table. De ce côté-là, il avait assuré.

Lorsqu’elle était sortit de son 4X4 et qu’elle avait vu où il l’emmenait, un sourire éclatant était apparu sur ses lèvres. Un pub irlandais… Exactement ce qu’elle avait espéré. Une ambiance joyeuse et animée, de la musique entraînante, la bière coulant à flot et le must en la matière, une odeur de houblon et d'orge malté dégagée par les hautes cuves en cuivre où fermentait la « spéciale » maison … Certes, au départ, elle n’avait pas prévu de se saouler... Au contraire, elle s’était promise une seule pinte, pas davantage car elle tenait à avoir toute sa tête si jamais la soirée se terminait chez lui… Mais là, ça n'en prenait vraiment pas le chemin…

Pourtant tout semblait avoir plutôt bien commencé. Malgré le monde agglutiné dans la salle, en homme plein de ressource, il était parvenu à leur obtenir rapidement l’une des rares tables du pub. Ils s’étaient ensuite assis tous deux sous des regards envieux, un sourire complice sur les lèvres. Hélas, ce moment de douce entente ne dura qu’un temps. Passées les banalités d’usage sur le choix du lieu de rendez-vous et la commande des boissons, la conversation tomba subitement à plat.

- … Vous avez passé une bonne journée ?

Vraiment à plat…

Elle lui aurait bien répondu que jusqu’à ces cinq dernières minutes, sa journée avait été parfaite mais elle s’estima injuste envers lui. Après tout, c'était la première fois qu'ils se voyaient réellement en tête à tête, c'était normal qu'il soit un peu gêné.
Lorsqu'ils s'étaient croisés par hasard lors de cette fameuse soirée qui avait tout changé, ils avaient été emportés par la bonne humeur générale, par l’heureuse coïncidence… et quelques verres en trop, il est vrai.
Mais à présent, tout était différent. Il s’agissait d’un rendez-vous, d’un rencard officiel. Après toutes ces années, c’était logique, finalement.
Et pour être honnête, elle devait reconnaître qu'elle ne lui facilitait pas la tâche. Aussi, cherchant à se rattraper, elle fit une petite tentative.

- Je suis surprise que vous n'ayez pas choisi de boire une Guinness.
- Vous savez, être irlandais ne signifie pas obligatoirement être amateur de cette bière et je préfère la "spéciale" fabriquée ici, elle est plus légère…

Que pouvait-elle répondre à cela ?

- Vous savez que la Guinness fait partie de la catégorie des "Stout", reprit-il, et qu'elle a été crée au XVII ème siècle?
- Je l'ignorais, dit-elle avec un mince sourire, sentant qu'elle n'allait pas échapper à l'histoire détaillée de la Guinness.

Et ce fut le cas, elle avait dorénavant toutes les informations nécessaires pour être incollable sur les Stout, les Ale, les différents niveaux de fermentation… Enfin, disons qu'elle aurait pu devenir incollable si son esprit ne s'était pas égaré en plein milieu de son explication sur l'ensemencement à la levure du moût clarifié…

- Je trouve cela … passionnant, répondit-elle l'air convaincu, du moins, l'espérait-elle.
- Je n'en doute pas. Et vous avez perdu le fil à quel moment? demanda-t-il, une pointe d'ironie dans la voix.

Elle baissa les yeux, passablement embarrassée qu'il n'ait pas été dupe mais il était le genre d’homme à qui rien n’échappait.

- Mais non, pas du tout, je … tenta-t-elle malgré tout de se justifier.

Il l’arrêta cependant, les mains levées, un gentil sourire sur les lèvres.

- Laissez tomber. Trouvons plutôt un sujet susceptible de vous intéresser…

Les sourcils froncés en signe de réflexion, il se détourna un instant pour boire quelques gorgées de bière et Sam laissa son regard glisser lentement sur lui. Il était toujours aussi séduisant, même plus encore peut-être. Ses yeux d’un brun chaud semblaient changer de couleur au gré de son humeur. Parfois clairs et pétillants. Parfois sombres, comme à l’instant. Ses traits rendus plus virils par les années, renforçaient l’impression de force et d’assurance qu’il dégageait. Une assurance qui ne semblait jamais vouloir le quitter…
Et pourtant, à l’instant, il semblait tout sauf sûr de lui...

- Je sais! Parlons du satellite XMM-…

Elle le fixa tandis qu’il hésitait sur le nom exact, se demandant s'il était sérieux. Parler boulot, et surtout satellite n’était pas vraiment ce qu’elle espérait…

- Le XMM-Newton. Que voulez-vous savoir ? finit-elle par demander. Après tout, c'était un sujet comme un autre…
- Tout, comment il fonctionne, ses caractéristiques, enfin, je vous fais confiance pour éclairer ma lanterne.
- Très bien, alors allons y, dit-elle en souriant.

Elle lui expliqua l'intérêt et le rôle du satellite dans le programme "Horizon 200", elle lui cita le nom des galaxies et des supernovae explorées. Elle parla… longtemps… peut-être trop d'ailleurs.

- … Vous savez, une découverte majeure effectuée avec XMM, qui concerne la physique du refroidissement, est l'absence des raies d'émission typiques de température en dessous d'environ 2 keV dans les spectres obtenus avec le RGS des amas à courant de refroidissement, tel A1835 (Peterson et al 2001). Ces données, incompatibles avec les modèles standards de courant de refroidissement, posent un sérieux défi pour la théorie. *

Elle stoppa net lorsqu'elle s'aperçut qu’il ne semblait l’écouter que partiellement… apparemment beaucoup plus intéressé par le match de rugby diffusé sur le grand écran que par ses explications. Lorsqu'il réalisa qu'elle s'était tu, il se tourna vivement vers elle et lui adressa un sourire d'excuse.

- Je suis désolé, mon cerveau a surchauffé et s'est déconnecté tout seul.
- C'est de ma faute, vous me connaissez… J'ai toujours tendance à m'emballer lorsque je parle de ça.
- Ne vous excusez pas, c'est moi qui ne suis pas à la hauteur de votre intelligence.

Sam sentit ses zygomatiques se crisper aussitôt sous cet étalage de pommade…

- Ne dites pas ça…
- Remarquez, au moins avec ma bière et vos satellites, on est à égalité, enchaîna-t-il avec un petit sourire.

Ça, elle préférait. L’humour et l’auto-dérision.

- Vous êtes allée au cinéma, récemment? demanda-t-il.
- Non, je n'ai pas vraiment le temps. Et vous?
- Non plus, pour les mêmes raisons.

La conversation retomba à plat aussi sec. Sam fouilla dans sa tête, cherchant un quelconque sujet. Les silences devenaient insupportables.

- Je suppose que vous ne lisez pas non plus? dit-elle, en souriant nerveusement.
- A part des magazines, non, c’est vrai.
- Vous ne sortez jamais?
- Rarement, mais il m'arrive d'assister à des rencontres sportives. Et vous?
- Je vais plutôt voir des expositions quand j'en ai l'occasion. Je suis allée à celle sur Rubens récemment.
- Et c'était bien?
- Il y avait des choses intéressantes oui. Des tableaux, évidemment, mais aussi des tapisseries et des esquisses faites au fusain. C'est d'ailleurs ce que j'ai préféré. J'ai beaucoup aimé aussi un croquis de torse d'homme. Chaque courbe, chaque muscle étaient dessinés avec minutie et conféraient à l'ensemble un grand réalisme. Il se dégageait une telle puissance de ce torse que s'en était troublant…

Bien évidemment, dès qu’on abordait un sujet qu’elle trouvait passionnant, elle s’enflammait aussitôt mais, réalisant brusquement qu’elle était en train de disserter devant un homme sur la beauté d’un torse, elle s’interrompit, un sourire d’excuse sur les lèvres.

- J'imagine, lui répondit-il avec un empressement qui confirma sa maladresse. Vous permettez que je jette un œil vite fait?

Ce faisant, il désigna le grand écran.

- Juste quelques instants, le temps de voir où ils en sont, ajouta-t-il pour se justifier.

Elle eut l'impression de rêver. Il n'allait pas passer la soirée à regarder ce stupide match de rugby? Bon, il était vrai que Les Diables verts, l'équipe nationale irlandaise, jouaient contre la France pour une place en demi-finale de la coupe du monde, mais quand même... ce n'était pas une raison pour avoir les yeux fixés sur la télévision. Il pourrait se contenter d'y jeter un œil pour les moments importants… De toutes façons, il ne risquait pas de les manquer vu la ferveur des acclamations et commentaires divers de la faune masculine. Quelle soirée!
Sam soupira bruyamment et jeta un regard agacé vers son compagnon qui s’était tourné vers la télévision sans attendre de réponse. A croire qu’elle était soudainement devenue invisible.
Ils n’avaient donc plus rien à se dire ? Certes, ils se connaissaient depuis de nombreuses années maintenant mais elle se refusait à croire que cela avait rendu impossible toute intimité.

- Oui !!! Oui !!! Vas-y !! s’exclama-t-il brusquement, se levant à moitié de sa chaise… avant de se rasseoir lourdement. Mais quel bouffon ! Il est plein axe et il trouve le moyen de louper la pénalité ! Va donc jouer au foot !

Il prit ensuite la jeune femme à témoin.

- Non mais vous avez vu ça ? Il a deux pieds gauches ou quoi ?
- Apparemment… répondit-elle, un sourire crispé sur les lèvres tandis qu’il se détournait déjà, accaparé par l’action suivante.

Bon, ok, ce n’était pas la première fois qu’ils regardaient un match ensemble. Mais franchement, pas aujourd’hui ! Pas à leur premier rendez-vous !

- Vous m'avez l'air passablement agacée, fit brusquement une voix à son oreille.

Sursautant presque, Sam se retourna vivement et se figea, les yeux levés vers l’homme qui lui faisait à présent face. Elle ne reprit ses esprits que lorsque celui-ci se fut accroupi devant elle, un bras posé nonchalamment sur la table.

- Cette soirée ne vous plait pas, belle demoiselle? lui demanda-t-il alors, un sourire séducteur sur les lèvres.

Le sous-entendu à peine voilé concernant le fiasco de cette soirée lui fit froncer les sourcils. Pour qui se prenait-il !? Agacée, elle jeta un rapide coup d’œil vers son compagnon qui, indifférent, continuait de commenter le match à grand renfort de cris et d’invectives.
Un homme venait à leur table avec apparemment l’intention de la draguer et Monsieur ne semblait même pas s’en soucier ?
La mâchoire crispée, elle se tourna vers le nouvel arrivant qui continuait de l’observer avec une pointe évidente d’amusement.

- C'est à moi que vous parlez ?
- A qui d'autre? répondit-il sans prendre ombrage du ton sec de la jeune femme.
- A elles par exemple, dit-elle en indiquant la table d'à côté où se trouvait un groupe de jeunes filles pour le moins aguicheuses. Vous auriez un succès fou avec elles!
- Je sais, mais ça serait trop facile.

Sam se redressa aussitôt sur son siège.

- Et avec moi, c'est impossible.
- A l'impossible nul n'est tenu. Vous me mettez au défi de vous séduire?
- Vous plaisantez? s'exclama-t-elle stupéfaite par son audace.
- A votre avis?

Elle l’observa un instant puis se tourna de nouveau vers son compagnon, lequel se passionnait toujours pour …les mastodontes vêtus de vert qui s'amusaient à se plaquer au sol. Cette soirée était vraiment surréaliste !

- J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi prétentieux.
- Ca vous déplaît?
- A votre avis? dit-elle en imitant l'intonation qu'il avait prise l'instant d'avant.
- Non.
- Non?
- Non, je pense que vous êtes le genre de femme qui aime qu'on se démène pour elle.

Une lueur d’amusement brilla quelques secondes dans le regard de Sam mais elle finit par se détourner.

- Mais je ne vous ai rien demandé moi. Allez donc faire votre numéro ailleurs, répondit-elle en lui faisant un geste de la main.

Mais au lieu de le refroidir, ces propos eurent l’effet inverse…

- Je peux savoir ce que signifie ce sourire? demanda-t-elle, aussitôt.
- Tiens donc, je vous intéresse maintenant?
- Pas du tout, dit-elle d'un ton cinglant, vexée de s'être prise au jeu.
- Dans ce cas, je n'insiste pas. Amusez-vous bien, "sœur sourire", lança-t-il en se redressant.

Passablement agacée, elle le fixa tandis qu'il s'éloignait sous les yeux admiratifs de ses jeunes voisines.
Pour un peu, elles baveraient! pensa-t-elle, irritée.

- Ca va?

Elle tourna de suite la tête vers son cavalier et rencontra son regard indéchiffrable.
Tiens donc, il se souvient que j'existe? C'est la mi-temps ou quoi?

- Oui, oui.
- Quelle calamité ce match!

A la hauteur de notre soirée… songea-t-elle un brin désespérée.

- A ce point là? Tout n'est peut-être pas perdu, dit-elle après avoir distraitement jeté un œil au score.
- 50 minutes de jeu et ils n'ont pas été fichus de marquer ne serait ce qu'une pénalité! A peine trois minutes de match et on avait déjà encaissé un essai ! On se fait laminer et par les Français en plus!

Sam prit sa pinte d’un geste agacé. Le voir perdre son sang froid pour un simple match l’aurait d’ordinaire amusé… mais pas ce soir.

- Ah oui, c'est aberrant ça…répondit-elle avant de boire quelques gorgées.

Qu’essayait-elle de faire, au juste ? Se saouler pour oublier ?
Discrètement, elle jeta un œil vers le bar et croisa un regard scrutateur et amusé. Encore plus irritée, elle reporta son attention sur son compagnon qui ne semblait pas avoir raté une miette de cette petite scène.

- Au fait, qu'est ce qu'il voulait?
- Qui donc?
- Monsieur je-plais-aux-femmes-et-je-le-sais.

Tiens donc ? Il avait remarqué ? Elle qui l’avait cru totalement accaparé par le match. Tout n’était peut-être pas perdu…

- Tenter sa chance, répondit-elle en essayant de réprimer un sourire.
- Et ça a marché?
- Il n'est plus là, il me semble …
- Avec moi à côté, il ne manque pas d'air, en tout cas!
- C’est sûr…

Un silence étrangement tendu s’instaura avant qu’il ne reprenne vivement la parole.

- Ca n'a pas eu l'air de vous déranger plus que ça…

S’apprêtant à boire de nouveau quelques gorgées de bière, Sam faillit s’étrangler devant cette curieuse accusation.

- Que vouliez-vous que je fasse? Que je le gifle, peut-être?
- Vous auriez pu lui expliquer que vous étiez accompagnée.
- Je crois que le lui préciser aurait été inutile. Vous ne passiez pas inaperçu, répondit-elle, grinçante.

A beugler et à gesticuler dans tous les sens…

- … Mais et vous, reprit-elle, pourquoi n'êtes vous pas intervenu?

Il haussa nonchalamment les épaules et s’adossa à sa chaise.

- Par curiosité. Pour voir ce que vous alliez faire…
- Et donc ? Apparemment je n’ai pas réagi comme vous l’espériez ?
- Je vous aurais cru plus "mordante".
- Je lui ai dit de partir et cela a suffit.
- Je n'en suis pas si sûr.
- Je vous demande pardon?
- Il vous observe depuis tout à l'heure.

Sam se tourna machinalement vers le bar. En effet, il la regardait encore. Avec cet éternel sourire en coin, en plus. Pour un peu, elle se serait relevée pour lui flanquer son poing dans la figure, juste histoire de le faire disparaître… Sentant la moutarde lui monter au nez, elle se détourna mais fut rapidement attirée par des gloussements peu discrets. Apparemment, la table voisine semblait toujours aussi séduite.

- Je crois qu'il s'intéresse davantage aux jeunes femmes d'à côté, lâcha-t-elle donc, pour faire diversion.
- Alors, c'est qu'il a un sacré strabisme.
- Ne dites pas n'importe quoi…
- Vous faites allusion à quoi au juste? A son problème de vue ou à l'attention qu'il vous porte?

Sam sentit étrangement son cœur s’emballer.

- Je l'ai vu suffisamment de près pour vous assurer qu'il n'a aucun souci aux yeux mais là n'est pas la question …
- C'est sûr qu'il pouvait difficilement être plus proche.
- C'est une scène de jalousie ou je ne m'y connais pas?
- C'est mon droit, je pense.
- Si vous étiez plus intéressé par moi que par ces grands gaillards qui se roulent dans la boue, en effet, cela aurait été légitime, mais là …

Les mots étaient à peine sortis que Sam les regrettait déjà. Elle était peut-être allée un peu trop loin… Elle jeta un coup d’œil inquiet vers son compagnon et grimaça devant son visage à présent fermé.

- Donc, je n'ai rien à dire, c'est ça? lâcha-t-il, glacial.

Elle soupira, soudain lasse. Cette soirée était définitivement l’une des pires de son existence…

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire…
- Ah non? Pourtant c'était limpide…

Et sur ces mots, il se détourna, reportant son attention sur le match.
Sam en resta coi…
Il n’allait quand même pas bouder ?!
Elle l’observa quelques longues secondes, espérant voir un sourire étirer finalement ses lèvres ou n’importe quel signe lui prouvant qu’il plaisantait… Mais non. Il restait obstinément les yeux rivés à l’écran, la mâchoire crispée.
Incroyable…Je suis dans « Caméra cachée » ou quoi ? songea-t-elle brusquement, jetant un regard égaré autour d’elle.

- Vous voulez une bouée?

Sam ferma aussitôt les yeux, tentant de réprimer l’envie irrésistible d’utiliser ses poings… Juste histoire de se soulager un peu…

- Pourquoi faire? demanda-t-elle tandis que « Monsieur je-plais-aux-femmes-et-je-le-sais » s’accroupissait de nouveau devant elle.
- Votre soirée prend l'eau, ça pourrait vous servir…

D’un geste nerveux, elle prit sa pinte afin de boire quelques gorgées mais celle-ci était maintenant presque vide… Frustrée, elle la reposa bruyamment, sentant son regard peser lourdement sur elle.
Il s’amusait, c’était évident !

- Vous n'avez rien de mieux à faire que vous moquer de moi?
- Laissez moi réfléchir… dit-il avant de s’interrompre en signe de réflexion… Non.

Ce « Non. » était sorti auréolé d’un superbe sourire et Sam sentit bêtement son cœur s’emballer mais la colère reprit rapidement le dessus.

- Et bien, trouvez-vous une autre occupation, se rebiffa-t-elle donc.

Pour qui se prenait-il, à la fin !

- Mais dites-moi, c'est que vous pourriez mordre!
- Et vous n'avez encore rien vu.
- Ah? Alors je reste, j'adore ça.

Un nouveau sourire apparut et Sam se détourna de ce spectacle, la mâchoire crispée.

- Vous êtes impossible.
- C'est tout ce qui fait mon charme.
- Il n'y a bien que ça …

Il allait bien finir par se lasser, tout de même ! L’espace d’un instant, il se tut et Sam crut enfin être parvenue à le moucher définitivement mais il se rapprocha au contraire, posant une main sur l’assise de sa chaise, à quelques centimètres à peine de sa cuisse.

- Vous êtes irrésistible quand vous faites ça.

Sa voix chaude et sa soudaine proximité eurent raison de la phrase incendiaire qu’elle s’apprêtait à lui lancer. Elle lui jeta un bref regard interrogateur avant de se détourner nerveusement.

- Allez, vous savez! poursuivit-il, les yeux rieurs. Quand vous prenez votre air dédaigneux.
- Vous devriez retravailler vos méthodes de séduction.
- Pourquoi? Elles marchent bien en règle générale.

Le clin d’œil entendu qu’il lui envoya l’irrita étrangement.
Ça, elle n’en doutait pas un seul instant.

- Il faut toujours une exception, répondit-elle sèchement.
- Et c'est vous, je présume?
- Vous comprenez vite.
- Vous blessez mon amour propre. Faites attention, je pourrais vous sortir le grand jeu.

Sam sentit malgré elle son cœur s’emballer de nouveau et resta silencieuse, le regard rivé au sien. Ce fut une voix sèche qui la ramena à la réalité.

- Vous pourriez surtout nous laisser tranquilles.

Elle se tourna aussitôt vers son compagnon de table qui daignait enfin intervenir. L’expression peinte sur son visage ne laissait rien présager de bon. Mais cela ne sembla pas refroidir l’homme toujours accroupi devant elle. Au contraire… Il se releva tranquillement, un sourire indélébile sur ses lèvres.

- Bonsoir Monsieur le supporter, vous vous joignez à nous?
- Vous vous prenez pour qui?
- Pour quelqu'un qui ne laisserait pas une jolie femme avec pour seule compagnie un verre de Guinness… répondit-il en jetant un œil dans la pinte de la jeune femme. Presque vide en plus…
- Vous vous trouvez drôle?
- La plupart du temps oui.

Sam se détourna légèrement, cherchant à réprimer un sourire. D’ordinaire, ce genre de situation lui déplaisait au plus haut point. Voir deux « mâles » bourrés de testostérones jouer du verbe, à défaut de poings, pour se rendre intéressant était exactement le genre de chose qui la faisait fuir! Mais ne disait-on pas que le meilleur remède était le rire ?

- Vous êtes le seul que ce petit jeu amuse, répondit cependant son compagnon. Laissez-nous.
- S'il vous plait.
- Pardon?
- "Laissez-nous … s'il vous plait". J'ai remarqué que la politesse n'était pas votre fort.

Sam haussa les sourcils, toujours silencieuse. Elle avait l’étrange impression de regarder un match de tennis…

- Vous m'énervez sérieusement !
- Ah? Je peux mieux faire vous savez.
- Ca va mal se finir, je vous préviens !
- Vous avez raison sur ce point.
- Vous me menacez?
- Non, je vais vous expliquer.
- M'expliquer quoi???
- Pourquoi ça va mal se finir pour vous.
- J'ai hâte d'entendre ça.
- Il va falloir être courageux.
- Vous vous foutez de moi?

En tout cas… Une chose était sûre. Son cavalier perdait sérieusement du terrain…

- Du tout. Laissez moi finir. Non seulement votre équipe vient de se prendre la raclée du siècle, dit-il en désignant l'écran où s'affichait le score final. Mais en plus, vous allez repartir sans la femme qui vous accompagnait.

Il conclut sa phrase en collant une tape sur l'épaule de son interlocuteur.
Jeu, Set et Match.

- Ne recommencez jamais ça! cria ce dernier en lui enserrant le poignet.

C’est ce moment que choisit le grand vainqueur pour se tourner vers Sam.

- Je savais bien que vous aimiez les grands baraqués, déclara-t-il en lui faisant un clin d'œil équivoque.

La jeune femme ne put contenir plus longtemps son amusement mais grimaça machinalement lorsque le regard outré de son cavalier se posa sur elle.

- Et vous, ça vous fait rire?
- … Je dois bien avouer que oui, répondit Sam, après une courte hésitation.

Il se rembrunit aussitôt, terriblement vexé.

- Vous me décevez beaucoup, répliqua-t-il froidement en se levant. Je crois qu'on va en rester là pour ce soir. Je vous laisse avec votre guignol.
- Croyez bien que le "guignol" saura pleinement profiter de votre reddition, monsieur le supporter.

Lançant un regard assassin à son adversaire, le malheureux perdant prit sa veste et s’éloigna vivement, fendant la foule avec une exaspération évidente. La jeune femme le regarda partir, plus que partagée. Elle savait son comportement répréhensible. Elle n’aurait jamais dû se moquer ainsi de lui…

- Alors? entendit-elle tout à coup à son oreille.

Elle se retourna aussitôt, ne sachant encore dans quel état d’esprit elle se trouvait.

- Quoi?
- Vous ne me remerciez pas?
- D'avoir définitivement gâché ma soirée? demanda-t-elle, sarcastique. D'avoir humilié mon ami?
- Allons! Ca vous a fait rire pourtant …

Sam se détourna tandis que le grand vainqueur prenait la place restée vacante à ses côtés.

- C'était nerveux.
- Je ne pense pas mais bon, si vous le dites… répondit-il en haussant les épaules avant de s’affaler sur le dossier de sa chaise. J'avoue être perplexe.

Elle lui jeta un bref coup d’œil, se demandant quel tour allait prendre cette discussion pour le moins inattendue.

- Développez.
- Je me demande ce qui l'a le plus agacé?
- Je suis certaine que vous avez bien une petite idée, lança-t-elle, lui jetant un regard entendu.
- J'opterais pour la défaite de son équipe.

Sam sentit pour la troisième fois de la soirée ses poings la démanger. Elle aurait dû passer par la salle de sport avant de venir à ce stupide rencard !

- …
- Ne faites pas cette tête Carter, je n'allais quand même pas vous faire le plaisir de répondre que c'était vous.
- Vous auriez pu! répliqua-t-elle devant le regard amusé de son supérieur. Ca m'aurait mis du baume au cœur.
- Je ménage vos chevilles.
- Très drôle.

Sa voix sèche aurait déstabilisé n’importe qui… mais pas Jack O’Neill. D’un signe de la main, il commanda deux bières au premier serveur passant à proximité et se tourna de nouveau vers elle.

- Sans vouloir vous offenser, il semblait plus fasciné par le match que par vos beaux yeux.
- Vous recommencez, répliqua-t-elle agacée.
- Quoi?
- Votre petit jeu.
- Moi? Mais je ne joue pas.

Pour seule réponse, elle haussa les sourcils et Jack se sentit le besoin de s’expliquer.

- Disons que j'ai été surpris, pour ne pas dire, affligé par ses réactions.
- Tiens donc…
- Pas vous? demanda-t-il, croisant tranquillement les bras sur son torse. La première fois que je vous ai abordée, il n'a pas fait le moindre geste.

Au regard amusé qu’il lui lança, la colère de Sam refit brusquement surface et elle dut se forcer à garder son calme.
Il se fichait vraiment d’elle !

- Ca ne l'a pas empêché de voir votre manége.
- Il attendait quoi pour intervenir? Que vous me suiviez?
- Mais je ne vous aurais pas suivi, répliqua Sam avec hauteur.

Un sourire vint de nouveau étirer les lèvres de Jack.

- Vous êtes bien sûre de vous, dit-il d’une voix qu’elle aurait aisément pu qualifier de sensuelle.

Elle allait tourner de l’œil, s’il continuait comme ça… Elle passait de l’irritation à l’amusement, en passant par l’agitation habituelle en sa présence à une vitesse troublante. Mais il était hors de question qu’il en prenne conscience !

- Non, je suis juste bien élevée, je ne laisse pas un ami en plan.
- Ah! Vous voyez! J'ai bien fait de lui dire qu'il était impoli.

Enervée, elle balaya cette remarque de la main et attendit que le serveur aux tâches de rousseur ne dépose les bières commandées sur la table pour répondre.

- Toujours est-il…
- … Qu'il n'a rien dit! la coupa-t-il, avec un hochement de tête significatif.
- Pas devant vous, non.

Un léger rire s’échappa de la gorge de Jack.

- Ok, je traduis: il voulait voir votre réaction.
- Vous donnez dans la psychologie masculine, maintenant? s’étonna-t-elle, un brin sarcastique.
- Carter, j'ai un scoop pour vous: je suis un homme.

Ah ça… Difficile de ne pas le remarquer… Vraiment très difficile, songea la jeune femme malgré elle. Surtout lorsqu’il la regardait comme ça.

- Je le sais bien, Mon Colonel, dit-elle en souriant timidement.
- Bien, répliqua-t-il avec une fierté toute masculine. Au moins on est d'accord sur ce point. Revenons en à "monsieur goujat".
- C'est une autre de vos techniques? demanda-t-elle machinalement, cherchant à cacher le trouble occasionné par leur précédent échange.
- En effet, conditionnement psychologique. On vous a appris ça à l'armée, non?
- On m'a surtout enseigné à y résister…

Décidément, cet homme avait un curieux effet sur elle. Quelques minutes auparavant elle avait le sentiment de passer la pire soirée de sa vie et voilà qu’elle se retrouvait avec des papillons dans le ventre…

- Je vais quand même essayer, dit-il après avoir bu une gorgée de bière. Commençons par votre début de soirée. Bon point pour lui et ça sera le seul, il a réussi à vous trouver une table.
- Vous étiez déjà là?
- Oui, répondit-il en remuant nerveusement sur sa chaise avant de poursuivre avec une rapidité suspecte. Je continue… Il a passé la commande…
- Ca fait un deuxième point pour lui, non?
- Sûrement pas ! s’exclama-t-il aussitôt. Vous offrir à boire était la moindre des choses... Et ensuite, attendez que je réfléchisse… Ah, ça me revient, il vous a demandé comment c'était passé votre journée. Là, je m'incline, tant d'originalité me sidère.

Sam se contraint à cacher le sourire amusé qui fleurissait déjà sur ses lèvres.

- C'était juste une entrée en matière, tenta-t-elle de défendre son ami, avec cependant un manque total de conviction.
- Oui, bien sûr et j'ai vu que vous aviez apprécié.
- Vous auriez fait mieux, peut-être? demanda-t-elle doucement.

Sans même s’en apercevoir, Sam s’était rapprochée de lui, le coude posé sur la table, le corps entièrement tourné dans sa direction. Lui restait étrangement immobile, le regard rivé au sien.

- En tout cas, je ne vous aurais pas fait un cours sur la bière pour meubler.
- Non mais vous nous avez espionnés? s’exclama-t-elle soudain.
- Oui, c'est mon passe-temps préféré.

Un sourire énigmatique accompagna ces propos.
La dérision lui allait vraiment bien et il adorait s’en servir pour éviter de répondre aux questions embarrassantes.

- J'imagine… murmura-t-elle, en l’observant avec attention. Juste une chose, je m'étonne que vous soyez ici justement le soir où …

Mais il la coupa de suite, les mains levées.

- … Arrêtez de vous faire des illusions. Je suis venu pour voir le match.
- Seul? demanda-t-elle, plus que sceptique.
- Non, j'étais avec les jeunes filles d'à côté mais quand je vous ai vue, je les ai laissées tomber.

Sam leva les yeux au ciel.

- Très drôle, répondit-elle, ayant parfaitement conscience qu’elle ne saurait certainement jamais le fin mot de l’histoire.

Tant pis ! Cette petite joute verbale l’amusait follement. Ou plus précisément, cette petite joute verbale avec « lui » l’amusait follement…

- C'est la deuxième fois que vous mettez mon humour en doute.
- Il faut croire que vous avez perdu la main.
- Ca veut donc dire que d'habitude… vous appréciez…
- Vous êtes incroyablement … prétentieux.
- Et vous… d'une humeur massacrante, répondit-il un sourire irrésistible sur les lèvres.

Bon sang ! Il fallait qu’il arrête avec ce genre d’attaque surprise ! Ou au moins qu’il prévienne avant, qu’elle puisse se préparer psychologiquement…

- Il y a de quoi non? parvint-elle à articuler malgré tout.
- Je ne trouve pas. Ok, vous avez perdu "monsieur rugby", mais vous avez gagné au change, non?
- Vous croyez? railla-t-elle devant un tel orgueil…

Mais il est vrai qu’il n’avait pas tout à fait tort…
Le cœur cognant à coups redoublés dans sa poitrine, son regard se posa sur Jack qui buvait quelques gorgées de bière…
Il était plus viril oui… Plus viril, plus séduisant, plus troublant aussi… Plus. Définitivement.
Absorbée par sa contemplation, elle eut bien du mal à se soustraire à ce spectacle. C’est en entendant la pinte se poser lourdement sur la table qu’elle reprit conscience. Elle croisa alors son regard et se demanda avec embarras s’il n’avait pas surpris ses œillades affamées.

- Avouez que depuis que je suis là, vous n'avez pas eu le temps de vous ennuyer, dit-il un sourire au coin, la laissant dans l’expectative.

Terriblement gênée, elle se contenta de grogner :

- C'est le moins que l'on puisse dire…
- Vous voyez bien! Avec moi, c'est la garantie d'une soirée réussie, dit-il, les yeux rieurs, ne s’appesantissant pas sur le comportement lunatique de sa compagne.
- Ca fait très "slogan publicitaire" tout ça.
- Mais c'est le but.
- Vous avez quelque chose à vendre?
- Oui, moi, répondit-il, en écartant les bras, un sourire Ultra-brite sur les lèvres. La cliente est du genre coriace mais je sens qu'elle porte un début d'intérêt à la marchandise.

Sam baissa la tête pour cacher son amusement.

- Et vous voyez ça à quoi?
- Au charmant sourire que vous venez d'esquisser.

Elle ferma les yeux, tentant de se réfréner mais finit par abandonner. Après tout, oui ! Elle passait la meilleure soirée de toute sa vie.

- Admettons, mais je ne suis pas encore convaincue. D'autres arguments à avancer?
- Nécessite peu d'entretien, excellente endurance, très bon état général …

Excellente endurance… soupira-t-elle intérieurement tandis que des pensées plus que lubriques venaient parasiter son esprit mais elle essaya de les chasser rapidement, jouant la carte de la dérision :

- … si on fait abstraction de vos genoux!
- Dites donc! s’exclama-t-il aussitôt, faussement outré. Ne m'interrompez pas…

Il leva une main, prêt à poursuivre avant de la laisser retomber avec agacement.

- … Ben voila, j'ai perdu le fil.
- Vous feriez un piètre commercial.
- Je sais, mais d'habitude je n'ai pas besoin de me vendre, du moins, pas autant, répliqua-t-il avec assurance.

De cela aussi, elle en était persuadée… songea-t-elle avec une pointe désagréable de jalousie.

- Vous en étiez à "très bon état général", dit-elle, désireuse de changer de sujet.
- Ah oui. Donc vous êtes d'accord avec ça?

Sam haussa les épaules avec une feinte indifférence.

- C'est pas mal, oui.
- Juste "pas mal"? s’étrangla-t-il, un peu vexé. Vous ne m'avez jamais vu à l'œuvre… Vous savez ce qu'on dit?
- Non, racontez-moi.
- Essayer, c'est l'adopter!

A ces mots, Sam sentit son cœur s’emballer furieusement. Elle hésita un instant… juste quelques secondes…

- … C'est une proposition? demanda-t-elle finalement, avec un trouble évident.
- C'est mon meilleur argument.

Il avait répondu en lui lançant un regard plus que brûlant qui contrastait avec ses propos sans sous-entendus particuliers.
C’était tout lui. Il disait une chose avec les mots et l’inverse avec les yeux.
Mais pour une fois, elle choisit d’écouter ce que son regard semblait lui hurler.

- Vous en avez d’autres, répondit-elle donc.
- C’est une question ?
- Non, une affirmation…

Elle vit à peine sa main se crisper sur sa pinte de bière. Et peut-être ses sourcils tressaillir légèrement... Puis, un sourire vint finalement étirer ses lèvres.

- Une troisième mi-temps… chez moi, ça vous tente?
- Pourquoi pas...


FIN

* extrait de " Les premiers résultats du satellite XMM-Newton"