Auteur : Hito
E-mail : h_hito76@yahoo.fr
Résumé: Un moment presque parfait…
Genre: Romance S/J
Spoilers: Début Saison 7
Disclaimer : Les personnages et l’univers ne sont pas
à moi mais à la MGM…
NB/ Une tite fic sans prétention qui m’est venue à l’esprit en admirant la nature verdoyante de l’Auvergne. ;-)
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Voilà quelques minutes déjà que Sam tournait en rond,
attendant que Daniel ait enfin fini ses recherches. Elle commençait à
comprendre l’impatience récurrente du Colonel qui les pressait
constamment d’accélérer la cadence. Elle avait terminé
ses prélèvements depuis dix bonnes minutes et s’ennuyait
déjà.
Une légère brise vint caresser son visage et la jeune femme se
tourna vers les champs de fleurs à quelques pas d’elle. C’était
absolument magnifique. La nature luxuriante des lieux donnait à cette
planète un goût de paradis. Une large plaine s’étendait
à leurs pieds où se mêlaient des plantes aux couleurs écarlates.
Une nature que l’homme n’avait plus altérée depuis
bien longtemps.
Jetant un œil autour d’elle, Sam s’approcha de Daniel, toujours
accroupi devant les quelques ruines qui parsemaient les lieux.
- Ça avance ?
- Mmmm… , maugréa vaguement le jeune homme, concentré sur
ses recherches.
Elle sourit, amusée, et leva la tête en direction du Colonel qui
discutait avec Teal’c un peu plus loin.
- Mon Colonel, appela-t-elle à travers sa radio.
Elle le vit aussitôt se tourner, la cherchant du regard, avant d’empoigner
son talkie-walkie.
- Je vous écoute ?
- Je vais faire un tour.
Sam comprit à son silence qu’il hésitait mais, estimant
certainement les lieux sûrs, il finit par acquiescer.
- Très bien... Ne vous éloignez pas trop.
- A vos ordres.
Dans un soupir, elle se détourna et s’enfonça dans les champs,
éblouie par les teintes ocres des pétales. Elle leva légèrement
les bras et frôla de la paume de ses mains les fleurs écloses.
Leur parfum délicat l’enveloppait et seul le doux bourdonnement
de quelques abeilles ou autre insecte bourdonnant venait rompre le silence apaisant de cet instant. Elle
marcha ainsi encore quelques mètres avant de rejoindre un parterre fait
d’herbes hautes et grasses, ce tapis épais et douillet l’attirant
inexorablement à lui. Dans un soupir de bien-être, elle posa son
arme à ses côtés et s’allongea, étendant ses
longues jambes devant elle, le regard rivé à la pureté
d’un ciel à peine troublé par quelques fins cumulus.
Une brise légère caressait les feuilles des arbres, couchait les
herbes hautes et chatouillait délicieusement les joues de la jeune femme.
Les rayons du soleil s’étant faits plus doux au fil des heures,
Sam ôta sa casquette protectrice afin de sentir la chaleur sur sa peau,
la lumière à travers ses paupières closes.
Elle s’était rarement sentie aussi bien, en paix, en parfaite harmonie
avec ce qui l’entourait. Ici, il n’y avait pas le bruit d’une
route à proximité, le grondement d’un avion fendant le ciel
pour altérer le silence de la nature. Il y avait juste elle… et
lui.
Un sourire vint étirer ses lèvres lorsque le pas familier de son
supérieur lui parvint.
- Alors Carter ? On fait l’école buissonnière ?
- Mmmm, soupira-t-elle simplement tandis qu’il s’arrêtait
à sa hauteur.
Elle l’entendit poser son arme et s’allonger à son tour à
ses côtés dans un bruissement léger. Ouvrant les yeux, elle
jeta un œil vers lui tandis qu’il ramenait ses mains liées
derrière sa tête. Leurs regards se croisèrent et ils échangèrent
un sourire avant de reporter leur attention sur le ciel.
Un silence serein les enveloppa.
- On se croirait sur Terre… finit-elle par murmurer au bout de quelques
minutes. Nous sommes à des millions d’années lumière
de notre planète et pourtant, partout dans l’Univers, il y a des
ciels comme celui-ci…
Les yeux rivés au-dessus d’elle, Sam sentit cependant le regard
de Jack s’attarder longuement sur son visage avant de se détourner.
Il resta silencieux quelques instants, perdu dans ses pensées.
- Il y a des choses qui ne changent pas… dit-il au bout d’un moment.
Le cœur de la jeune femme se mit à battre plus vite dans sa poitrine.
Elle l’observa du coin de l’œil mais rien dans son expression
ne laissait sous-entendre la moindre allusion. Et pourtant… Souvent, elle
se prenait à analyser ses paroles dans l’espoir un
peu absurde d’y dénicher un propos ambigu… comme à
l’instant. Parlait-il toujours du ciel ?
Réalisant que son regard devenait trop insistant, elle se détourna
mais ses yeux se posèrent involontairement sur l’une de ses cuisses
repliées. Elle percevait parfaitement le dessin des muscles longs sous
le tissu du treillis. La courbe était belle, dynamique, vigoureuse…
Il y a quelques heures de cela, lors du briefing, c’était son poignet
droit qui avait fait l’objet de sa longue observation. Elle y avait même
découvert une minuscule cicatrice qu’elle n’avait jusqu’ici
jamais remarquée, rallongeant sa liste à vingt quatre. Vingt quatre
cicatrices de petite taille, comme celle qui fendait son sourcil gauche.
Rien à voir avec les six plus grandes qui marquaient son torse, son dos
et l’un de ses bras.
Eh bien quoi ? Il y avait bien des gens qui collectionnaient les timbres. Elle,
c’était les cicatrices de Jack O’Neill.
Chacun sa passion !
Dans un soupir, elle finit par se détourner, un sourire sur les lèvres,
l’image de son supérieur flottant devant ses paupières closes.
Sa présence à ses côtés l’apaisait toujours
et paradoxalement la rendait presque fiévreuse. Un mélange
étrange de paix et de bouleversement intérieur.
C’était « lui ».
Ces sentiments contradictoires qu’il suscitait en elle et qui le rendaient
si unique. Ces émotions puissantes qui la faisaient parfois pleurer toutes
les larmes de son corps ou qui la rendaient si merveilleusement bien. Comme
à l’instant.
Lui, le vent dans les feuilles, l’air parfumé, les rayons du soleil
sur son visage… En fait…
- C’est presque parfait… soupira-t-elle.
Un peu surprise d’avoir parlé à voix haute, elle ouvrit
les paupières et se tourna vers Jack. Il l’observait en souriant,
le regard presque caressant. Elle sentit son cœur s’affoler, à
l’instar des nombreuses fois où ils avaient partagé des
moments d’une telle intimité.
Elle laissa ses yeux glisser sur son visage aux traits dynamiques avec un plaisir
non feint avant de s’attarder sur ses lèvres fines.
Oui, presque parfait… Il ne manquait vraiment pas grand-chose…
- Carter…
Le murmure de Jack la ramena à la réalité. Consciente de
l’incongruité de son regard insistant, elle se détourna
en rougissant. Voilà qu’elle perdait totalement la tête de
se montrer si outrageusement… inconvenante.
- Vous savez… poursuivit cependant son supérieur, d’une voix
douce. Il y a toujours moyen de rendre cet instant parfait… mais juste
cet instant…
Le cœur de Sam s’emballa furieusement et elle se tourna vers lui
avec un mélange d’incrédulité et d’espoir.
Son regard brun n’avait pas changé, si ce n’était la présence de cette lueur plus brillante encore.
Il lui proposait un écart. Une petite parenthèse… Un baiser.
Incapable de prononcer le moindre son, elle parvint à lui sourire, encourageante
et il lui sourit à son tour avant de se redresser doucement sur un coude.
Toujours allongée, plus figée d’une statue, elle le regardait
s’avancer vers elle avec une lenteur calculée. Il lui laissait
ainsi la possibilité de le repousser à n’importe quel moment.
Les lignes viriles de son visage, sa
proximité troublante l’hypnotisaient. Mais plus envoûtant
encore était la simple position de leurs deux corps.
Elle, allongée sous lui.
Il ne l’avait pas encore touchée que déjà sa peau
s’embrasait dans l’attente presque insoutenable de son contact.
Lorsqu’il passa son bras au-dessus du corps de Sam afin de prendre appui,
elle retint sa respiration et les doigts de Jack frôlèrent sa poitrine,
les faisant tressaillir tous les deux. Ils mirent quelques secondes à
retrouver un semblant de calme et la jeune femme perçut le doute dans
le regard de son supérieur.
Si un simple effleurement leur faisait cet effet, comment supporteraient-ils
un baiser ? Ou plutôt… Comment supporteraient-ils de devoir se contenter
d’un simple baiser ?
Mais elle le désirait, ce baiser. Le lui refuser maintenant lui semblait
insupportable.
Elle tendit alors une main vers lui et glissa ses doigts sur sa nuque, caressant
sa peau avec une légèreté presque insoutenable. Il ferma
les yeux quelques secondes avant de plonger de nouveau dans son regard, le même
désir dévorant au fond de leurs pupilles dilatées.
Il se pencha de nouveau vers elle, combla le court espace qui les séparait
et posa avec une extrême douceur ses lèvres sur les siennes. Enfin.
Ce fut tout d’abord un frôlement, une caresse tendre et brûlante.
Sa bouche était si chaude, si ferme sur la sienne. Elle se sentait faiblir
à son contact et ses doigts se crispèrent sur sa nuque. Elle perdait
pied. Totalement. Mais Dieu… qu’elle aimait ça !
Pourtant, interprétant mal sa réaction, Jack se figea quelques
secondes, mais elle gémit aussitôt avant de l’attirer un
peu plus contre elle. Il reprit aussitôt sa caresse avec plus de force,
embrassant tendrement sa lèvre supérieure avant de glisser avec
gourmandise vers la seconde, s’efforçant cependant à ne
pas approfondir ce baiser. Il n’aurait pas été certain de
pouvoir se contenir... et elle non plus.
Sentant tout son corps parcouru d’un délicieux frisson, Sam laissa
un soupir de bien-être s’échapper de sa bouche.
Voilà. Là, c’était parfait.
Ce fut hélas cet instant que choisirent leurs radios pour se mettre à
grésiller.
- Jack ? J’ai fini, on peut rentrer !
Un grognement similaire s’échappa de leurs lèvres jointes
et O’Neill finit par s’écarter en soupirant. Leurs regards
de nouveau soudés l’un à l’autre, il enclencha sa
radio.
- On arrive.
La même frustration pouvait se lire sur leur visage, le même désir.
Sam sentit ses yeux bruns glisser de nouveau vers sa bouche, accélérant
les battements de son cœur par ce simple geste, mais il finit par se détourner.
L’instant de grâce était terminé.
Ils échangèrent cependant un sourire plein de regret puis Jack
se leva d’un mouvement souple avant de tendre la main vers elle pour l’aider.
Elle s’en saisit machinalement mais ce nouveau contact, autrefois anodin,
leur sembla brusquement beaucoup plus intime et une fois debout, il la garda
serrée entre ses doigts.
Tous deux immobiles, Sam sentait parfaitement qu’il se retenait de parler.
Percevant l’importance que pouvaient revêtir ces propos, elle l’encouragea
d’une pression de la main. Il hésita encore quelques secondes puis
finit par murmurer :
- Si jamais vous avez le sentiment… qu’un autre moment de ce genre
nécessite mon intervention… N’hésitez pas.
Le cœur de Sam manqua un battement avant de s’emballer furieusement.
Ce n’était plus un simple écart, plus une parenthèse
qu’il lui proposait… mais beaucoup plus.
Elle l’observa avec un trouble évident, scrutant sans vergogne
son visage étrangement indéchiffrable. Une protection, en cas
de refus.
- Je le ferai, dit-elle alors, un sourire radieux sur les lèvres.
Il haussa les sourcils, presque surpris d’obtenir une réponse positive,
avant d’enfoncer ses mains dans les poches de son pantalon avec nonchalance,
le regard brillant.
- J’y compte bien…
**************************************
Jack fit tanguer sa bouteille à moitié vide entre ses mains, hypnotisé
par le mouvement du précieux liquide contre le verre.
Cinq jours. Cela faisait cinq jours qu’ils étaient en perm et toujours
rien. Il n’était même pas parti pour le Minnesota, juste
au cas où ! C’était pourtant la meilleure période
de l’année pour pêcher… ou faire mine de pêcher…
et tout ça, pour rien. Elle n’était pas venue. Ça
faisait presque trois semaines qu’ils s’étaient embrassés,
retrouvant, aussitôt après, tout leur professionnalisme. Trois
semaines où il avait attendu leurs vacances avec une impatience grandissante.
Il avait osé demander et elle avait accepté. Il n’avait
pas rêvé ? Elle avait bien accepté ? Elle n’avait
pas dit « Je le ferai » simplement pour éviter une confrontation
gênante !
Jack soupira et but quelques gorgées en grimaçant.
Plus il y pensait et plus cette possibilité lui semblait douloureusement
évidente.
« Bien joué mon vieux ! Tu l’as bien cherché !...
Tu aurais mieux fait de la fermer… »
Cela dit, il ne regrettait pas le baiser… Juste ce fichu instinct qui
l’avait poussé à parler juste après. Juste cette
partie de lui qui lui avait fait miroiter une vie avec elle… des instants
similaires à celui qu’ils venaient de vivre… parfaits.
- Beau résultat… maugréa-t-il avant de boire une autre gorgée
de sa bière.
Plongé dans ses sombres pensées, il sursauta violemment lorsque
son téléphone se mit à sonner.
Maudissant la personne qui venait le déranger dans un de ces moments
de déprime préférés, il décrocha brutalement
le combiné.
- O’Neill !
Un silence lui répondit, un silence qui lui fit battre le cœur plus
vite.
- Allo ? insista-t-il alors avec plus de douceur et une note pathétique
d’espoir dans la voix.
- … Mon Colonel ?
Serrant violemment le téléphone dans sa main, il s’assit
lentement sur l’accoudoir de son canapé, la gorge étrangement
sèche compte tenu des bières ingurgitées récemment.
- Carter ?
Un nouveau silence lui répondit, le mettant au supplice.
Qu’attendait-elle ? Après tout, elle l’avait appelé
! Elle avait bien quelque chose à lui dire ! … Cela dit… Si
elle ne voulait pas parler, il pouvait très bien le faire à sa
place !
« Un souci, Carter ? Vous avez besoin d’aide ? Je peux passer vous
voir ?... Pitié… »
Jack ferma les yeux, la bouche désespérément close, le
téléphone soudé à son oreille.
- Je suis dehors… entendit-il enfin. Il fait un temps vraiment magnifique…
Il manque juste…
La voix de la jeune femme faiblit lamentablement mais il en avait assez entendu.
- J’arrive !
FIN