Auteur: Ghitoc
Email: gjc597@msn.com & h_hito76@yahoo.fr
Genre: Humour, Romance S/J
Saison: Peu importe
Résumé: Murphy se déchaîne !
Disclaimer: Les personnages sont la propriété de la MGM et de Sony…
Lire la première partie :
Mauvais Karma
Lire la deuxième partie :
Mauvais Karma 2
Spéciale dédicace :
Pour tous les shippeurs frustrés, incapable d’apprécier une fin « originale » ;-)
Signé : Gjc597
Une vraie fin pour une vraie shippeuse, n’est-ce pas, Helios ? ;-)
Signé : Hito
Précédemment dans Stargate SG-1 :
« Une semaine d'enfer qu'il n'aurait même pas souhaitée à Ba'al, voila ce qu'il venait de subir. »
« Il faisait déjà un pas dans le couloir lorsqu'une porte s'ouvrit, laissant apparaître une Samantha Carter, les cheveux mouillés et … dans le plus simple appareil. »
« Et sa main heurta le vase qui reposait sur un meuble colonne.
…
- Raaaah! Mais il y avait combien de litres d'eau dans ce truc?
…
- Je dois avoir un peignoir qui traîne, je vais vous le chercher, dit-elle en s'éloignant. »
« Faisant glisser son caleçon sur ses jambes afin de s’en extirper, il se prit accidentellement le pied dans le tissu et perdit l'équilibre.
…
Ce fut donc quatre vingt cinq kilos qui s'affalèrent sur elle et l'entraînèrent sur le sol, le souffle coupé.
…
Lorsqu'elle prit appui sur le sol, sa main se posa malencontreusement sur la ceinture du peignoir… ce qui provoqua, sous leurs yeux ébahis, l'ouverture instantanée du vêtement.
…
« - Essayez de voir le bon côté des choses, dit Sam alors qu’il se tournait vers elle.
- Le bon côté ? Parce que vous trouvez qu’il y a un bon côté à tout ça ?
- Eh bien… Si on part du principe que la loi de Murphy existe… vous êtes en train de vous faire un sacré capital chance pour au moins l’année entière. »
« - CARTER !!!! entendit-elle, avant de voir débouler dans le salon un Jack O’Neill furieux.
Elle bondit aussitôt sur ses pieds mais eut un geste de recul lorsqu’il brandit sous son nez son tee-shirt et caleçon étrangement… rétrécis. »
« - Ecoutez, Carter, lâcha-t-il sèchement, faisant un effort démesuré pour ne pas hurler. Je crois qu’on va s’arrêter là pour ce soir parce que je sens que je vais devenir désagréable et vous ne méritez pas ça.
Prenant sur lui, il grimaça un sourire d’excuse et tourna les talons. La porte claqua brutalement derrière lui sans qu’elle n’ait eu le temps de faire le moindre geste pour le retenir. »
Et maintenant… la suite :
Comment avait-elle pu jouer si mal son coup ?
Elle avait laissé s’échapper une opportunité qui ne se reproduirait peut-être jamais !
Ils avaient été seuls, tous les deux, chez elle ! Lui, à moitié nu !
« LUI ! A MOITIE NU !!! »
Elle l’avait même vu dans le plus simple appareil !
Trois fois !
Ok… Deux fois officiellement… Mais avait-il réellement cru qu’elle s’était jetée sur lui dans le seul but d’empêcher son peignoir de ne pas s’ouvrir ? Elle n’avait au contraire rien perdu du spectacle pendant le bref laps de temps où la cordelette avait glissé et le moment où elle s’était littéralement collée à lui… pour le « sauver ».
Bref… En l’espace d’une petite heure, elle en avait plus découvert sur le Colonel qu’en sept années à batailler à ses côtés.
Alors, comment avait-elle fait pour ne pas tirer de cette histoire au moins un léger rapprochement ?
Deux coups secs contre la porte sortirent Sam de ses lugubres pensées. Son cœur battant brusquement la chamade, elle bondit sur ses pieds et se dirigea vivement vers l'entrée.
Avait-il fait demi-tour ? Partageait-il ses regrets ? Désirait-il faire enfin évoluer la situation ?
D’un geste fiévreux, elle ouvrit la porte et se contraignit à ne pas hurler de soulagement lorsqu’elle croisa le regard sombre de son supérieur… toujours torse nu…
Sam mit quelques instants à se reprendre et taire sa déception… Cet homme allait la rendre complètement folle ! Il était fait de pierre ou quoi ?
Mais tout n’était peut-être pas perdu !
Elle le regarda s’éloigner, le cerveau en ébullition.
Il lui restait encore une chance de faire avancer les choses ! Une toute petite chance ! Mais encore fallait-il qu’il revienne bredouille… Aussi ne perdant pas une minute de plus, elle le rejoignit dans la buanderie.
Tous deux cherchèrent les fameuses clés avec beaucoup de minutie mais pour des raisons bien différentes. Jack voulait à toute fin fuir cette galère et rentrer chez lui au plus vite, alors que Sam comptait bien dissimuler les clés si elle tombait dessus en premier…
Mais malgré leurs efforts, aucun d'eux ne les retrouva.
Sentant ses espoirs disparaître à cette simple perspective, la jeune femme se redressa vivement.
Il se retourna aussitôt vers elle, perplexe.
Sam ne put retenir plus longtemps son amusement et rit franchement devant la mimique blasée de son supérieur.
Jack sembla réfléchir quelques instants puis finit par soupirer.
La jeune femme marqua un temps d’arrêt, cherchant un moyen quelconque de refuser...
Une panne soudaine ?... Un malaise ?... Une jambe cassée ?
Et si elle l’assommait et le séquestrait dans sa chambre ?
Elle s'avança vers le portemanteau et enfouit sa main dans la poche de sa veste. Elle fouilla… et fouilla… et fouilla encore.
Sam lui lança un regard désolé tout en cherchant à cacher le sourire qu'elle sentait naître sur ses lèvres.
Evidemment que je sais où sont mes clés !
Elle ouvrit un ou deux tiroirs pour la forme, souleva des papiers posés sur un guéridon, bref, elle feignait avec beaucoup de conviction de chercher le fameux sésame. Elle jetait de temps à autre un œil vers Jack qui se contentait de lui renvoyer un haussement d'épaule significatif. Lorsque la sonnette de la porte retentit, Sam était sous son bureau, offrant de façon éhontée son joli postérieur au regard de son supérieur... Non pas qu’utiliser un tel subterfuge lui plût. Elle se sentait même plus que gênée de s’exposer ainsi. Mais…
« A la guerre comme à la guerre ! Après tout, il m’a vue nue et n’a pas craqué… L’ennemi est tenace ! »
Sursautant presque, Jack se contraignit à fixer son regard ailleurs, le temps qu’elle ne se détourne de nouveau…
Il observait la jeune femme s’activer depuis quelques minutes maintenant et s'amusait presque de la situation. Voir Carter à quatre pattes sous la table à la recherche de ses clés était pour le moins inhabituel.
…
Mais c’était surtout le spectacle qu’elle lui offrait à son insu qui était le plus attrayant.
Et un emmerdeur de démarcheur venait l’arracher à sa contemplation !
Ce fut donc de méchante humeur qu’il se leva du fauteuil et ouvrit la porte.
Stoppé net dans son élan, le dénommé Curtis regarda d’un œil surpris l’homme se retourner et crier :
Des pas précipités se firent rapidement entendre et Jack accueillit la jeune femme d’un sourire entendu :
Amusée par l’expression de franche inquiétude peinte sur le visage du démarcheur, Sam ne put contenir son amusement. C’est en revanche le regard soudain sérieux de Jack qui la fit redescendre sur Terre et se tourner vivement vers le nouvel arrivant.
Le jeune homme ne se fit pas prier et quelques secondes plus tard, Jack et Sam se retrouvaient, de nouveau seuls, dans le salon.
Jack leva les yeux au ciel, éberlué.
La jeune femme prit aussitôt son air le plus malheureux.
Plus que surpris par cette proposition inattendue et surtout inhabituelle, Jack marqua un temps d’arrêt. Il avait vraiment très envie de rentrer chez lui, de se coucher et de ne plus penser à cette horrible semaine… Cela dit… se faire "dorloter" par Carter pouvait avoir certains avantages. D’autant que mis à part les clés perdues, ça faisait bien un quart d’heure que plus aucune catastrophe ne lui était tombée dessus.
Irrémédiablement, le regard de Sam se posa sur le torse nu de son invité, chose qu’elle tentait d’éviter depuis son retour afin de garder ses idées claires. Hypnotisée par cette vision plus qu’appétissante, c’est la voix amusée de son supérieur qui la ramena à la réalité.
Elle se dirigea aussitôt vers l’escalier menant à l’étage et pénétra dans sa chambre. Ouvrant son placard, elle observa les différents tee-shirts qu’il renfermait, tous trop petits pour la large carrure de son supérieur. Elle chercha donc parmi les vêtements qu’elle utilisait d’ordinaire pour dormir et en trouva deux n’ayant ni dessins infantiles ni couleurs efféminées susceptibles de faire grogner l’intéressé.
Monsieur avait sa fierté, surtout lorsqu’il était de mauvaise humeur comme en ce moment, et si elle voulait atteindre son but, il valait mieux l’épargner… pour l'instant tout du moins.
Sortant les deux tee-shirts, l’un blanc et l’autre noir, Sam hésita quelques secondes.
La couleur noire lui allait définitivement bien… Elle avait pu, à maintes reprises le constater. D’un autre côté, le blanc avait un certain avantage. Lorsque le vêtement moulait le corps, il avait tendance à être légèrement transparent…
« Choix extrêmement judicieux » songea-t-elle, en regardant le Colonel tirer sur le tee-shirt étroit pour s’en recouvrir. Une fois vêtu, il sourit à la jeune femme tout en se rasseyant sur le canapé.
« Merci à vous… » murmura intérieurement la jeune femme, ravie.
Sa maison se trouvait non loin d’un petit supermarché et elle s’en félicita. Après la "perte" de ses clés, elle ne pouvait évidemment pas utiliser la voiture.
Regardant sa montre qui affichait 20h25, Sam se hâta de sortir… priant pour retrouver sa maison en état à son retour.
***
Jack était allongé sur le canapé depuis quelques minutes, réfléchissant aux derniers évènements. Sa semaine d’enfer prenait un tour plutôt positif. Après tout, il y avait pire que se faire chouchouter par Carter ! Et en songeant à tout ce qu’il lui avait fait subir, il se dit que la chance tournait peut-être. Sinon, comment expliquer qu’avec un tel comportement elle ne l’ait pas, tout bonnement, jeté à la porte ?
Dans un soupir d’aise, il laissa sa tête reposer sur l’accoudoir moelleux du divan. Son regard accrocha le petit lustre, juste au dessus de sa tête. Il hésita quelques secondes puis finit par se redresser et poussa le canapé afin de le mettre hors d’atteinte en cas de chute.
Sait-on jamais…
Mais, alors qu’il s’apprêtait à se rallonger tranquillement sur le divan, un bruit sourd lui parvint de la cuisine…
***
Lorsque Sam revint quelques dizaines de minutes plus tard, elle fut surprise de ne pas trouver Jack dans le salon.
Mais elle fut - en partie - rassurée de le voir apparaître sur le pas de la porte séparant son salon de la cuisine. " En partie " car il était de nouveau trempé de la tête aux pieds…
" Choix de tee-shirt définitivement très judicieux…" se prit-elle à remarquer en lorgnant discrètement sur le vêtement en question qui ne cachait plus rien du tout.
Retrouvant - avec une certaine difficulté, cela va s’en dire - ses esprits, Sam se précipita dans la cuisine.
Le sol était noyé mais aucune fuite n’était apparente.
Après tout, elle avait eu, à plusieurs reprises, la preuve qu’il attirait le mauvais œil là où il se trouvait…
Immobile au centre de la cuisine, Jack observa la jeune femme se pencher sous l’évier afin de constater les dégâts. Elle se redressa quelques secondes plus tard en souriant.
Sam se contenta de sourire devant la mine désolée du Colonel. Il était à croquer lorsqu’il faisait cette tête-là…
Aussitôt dit, aussitôt fait. Allongée sous l’évier, la jeune femme s’employa à réparer les dégâts mais mit plus de temps que nécessaire, son regard déviant irrémédiablement vers son supérieur… Ou plus exactement, vers le torse de son supérieur…
Lorsqu’elle se redressa quelques minutes plus tard, Jack venait de finir de nettoyer le sol.
Et la perspective de le retrouver en peignoir, avec une ceinture indisciplinée y était pour beaucoup…
Semblant lire dans ses pensées, Jack haussa un sourcil circonspect.
Jack acquiesça, mi-rieur, mi-agacé.
La jeune femme se détourna, murmurant pour elle-même :
Il avait dit ces quelques mots en tirant sur le tissu toujours humide et transparent de son tee-shirt et les yeux de la jeune femme faillirent sortir de leurs orbites.
Elle disparut un instant dans la buanderie et en ressortit, le peignoir blanc à la main.
C’est donc le peignoir à la main que Jack monta à l’étage afin de prendre une douche. Sam alluma le four pour faire cuire la pizza qu’elle avait achetée et attendit patiemment quelques minutes… avant de se rendre à son tour au premier afin de vérifier que tout allait bien. Elle s’approcha doucement de la salle de bain et sursauta en entendant une bordée de jurons traverser la porte.
La réponse ne se fit pas attendre :
Quelque peu refroidie par la colère à peine contenue dans la voix de son supérieur, Sam hésita quelques secondes.
La première chose qu’elle vit en pénétrant dans la pièce fut… les fesses de Jack.
Ok… Les fesses de Jack… enroulées dans une serviette de toilette. De dos, penché au-dessus de la baignoire, le spectacle qu’il offrait à son insu laissa Sam sans voix quelques secondes avant que ce tableau aux allures idylliques ne soit souillé par de petits éclats vermillon sur la faïence.
Sam s’empara d’une serviette de toilette dans le meuble de la salle de bain et la donna à Jack qui compressa sans attendre son arcade sourcilière blessée. Il se redressa enfin et s’assit lourdement sur le bord de la baignoire.
O’Neill leva une main agacée avant de répondre.
Sam se contraignit à cacher le sourire amusé qui menaçait de fleurir sur ses lèvres. Décidément, c’était de pire en pire… Cela dit, la malchance du Colonel semblait aller de paire avec sa chance à elle. Après tout, il n’était à présent plus vêtu que d’une minuscule serviette sur les hanches !
Un peu surpris, il la laissa faire avant de réaliser l’ambiguïté de la situation. Gêné, il rajusta la serviette entre ses cuisses tout en jetant un coup d’œil nerveux sur le visage tendu de la jeune femme. Apparemment indifférente et occupée, elle ne semblait pas se rendre compte de leur embarrassante posture. Elle se trouvait pourtant à quelques centimètres à peine de lui, assise entre ses jambes écartées, et malgré la douleur vive à son arcade, il ne put empêcher son esprit de vagabonder.
Bien sûr, il se reprit aussitôt.
Compte tenu de sa tenue légère, si son corps venait à réagir, elle ne perdrait rien du spectacle et tout plutôt que subir cette nouvelle humiliation…
"Mais difficile de penser à autre chose…" songea-t-il l’oeil en mouvement.
Ses lèvres, son cou… sa peau…
Malgré ses efforts pour poser son regard ailleurs, elle était là. Tellement proche…
Finalement, en désespoir de cause, il ferma les yeux. C’était ce qu’il avait encore de plus raisonnable à faire.
Jack déglutit péniblement tout en cherchant à retrouver son sang froid.
Entrant volontiers dans son jeu, il rajusta machinalement la serviette autour de ses hanches.
La phrase mourut sur les lèvres de Sam tandis que son pied glissait sur une flaque d'eau. Se voyant partir en avant, elle chercha à s’accrocher à la première chose se trouvant à proximité et lui semblant solidement arrimée au sol : Le Colonel. Bien sûr, secourable, celui-ci leva vivement les bras afin de la cueillir et tout aurait été pour le mieux… si la main de la jeune femme ne s'était malencontreusement pas posée sur La partie la plus intime de son anatomie. Totalement déséquilibrée, Sam fut contrainte de rester immobile quelques - précieuses – secondes mais Jack mit rapidement un terme à cet attouchement imprévu.
Soufflant bruyamment pour calmer les pulsions que ce contact avait fait naître en lui, O’Neill attendit qu’elle ne s’éloigne pour scruter le visage de la jeune femme, se demandant si elle ne l'avait pas tout simplement fait exprès. Mais la couleur pivoine du visage de Sam et ses balbutiements interminables lui firent rapidement conclure que ce n’était pas intentionnel.
Se raclant la gorge, désireux de chasser de nouveau les images grivoises que cette mésaventure avait déclenchées, Jack désigna nerveusement la porte derrière la jeune femme.
Les pieds étrangement cloués au sol, Sam acquiesça cependant.
Depuis qu’elle avait pénétré dans la salle de bain, les battements anarchiques de son cœur ne semblaient plus vouloir ralentir. Et ce qui s’était passé l’instant d’avant n’avait rien arrangé. Jetant un œil sur l’homme debout devant elle, la jeune femme sentit son ventre se nouer un peu plus d’envie.
Les accidents successifs les rapprochant étrangement ne semblaient en revanche n’avoir aucun effet sur lui. Certes, il perdait peu à peu son calme mais c’est la colère qui en ressortait et non le désir.
Dans un soupir déçu, elle se détourna finalement et sortit de la pièce. Il la rejoignit, quelques instants plus tard, de nouveau vêtu de son peignoir.
Trop consciente du regard fuyant de son supérieur, Sam cherchait un moyen de renouer le dialogue. La tension liée aux récents événements n'était pas encore retombée et le colonel, vu son air fermé, semblait peu enclin à la discussion. Mais elle-même n'était pas encore tout à fait remise de ses émotions …
Assis l’un à côté de l’autre sur le divan dans un silence absolu, une coupure de courant providentielle survint, les plongeant dans la pénombre. Seule la lumière des réverbères dans la rue éclairait le salon.
Bien sûr, la réaction du Colonel ne se fit pas attendre.
Un brin agacée par la colère de Jack… et frustrée par son manque d’initiative… Sam se releva de suite.
Prudente, elle s’approcha lentement du buffet à hauteur de la fenêtre, tâtonna dans le tiroir et en ressortit quelques bougies. Elle retourna ensuite à pas mesurés près du canapé. C'était vrai, il faisait vraiment sombre… si sombre qu'elle ne remarqua pas les jambes de son supérieur qu’il avait eu la bonne idée d’allonger devant lui.
Et ce qui devait arriver arriva.
Sam buta contre lui.
Dans sa chute, elle lâcha les bougies et ce fut les mains en avant qu'elle s'affala sur le Colonel. Le hasard faisant bien les choses, sa main atterrit une nouvelle fois sur « la-partie-la-plus-sensible-de-l’anatomie-de-Jack ». Par réflexe, celui-ci tenta de repousser la jeune femme à présent littéralement affalée sur lui mais, ses gestes rendus maladroits par un trouble évident, c’est la douceur d’un sein et non la solidité d’une épaule qu’il sentit sous sa paume.
Le cri de surprise de la jeune femme, allant de paire avec les exclamations sourdes de Jack, ne fit que monter d’un cran la tension de cette scène surréaliste. Incapables de parler, ils essayaient tant bien que mal de se redresser. La situation était non seulement embarrassante mais elle devenait tout simplement grotesque.
Elle cessa aussitôt de bouger et se laissa choir sur lui. La tête nichée dans le cou de son compagnon, la jeune femme ferma les yeux.
Après tout, elle ne faisait qu’obéir à son invective…
Ne plus « gesticuler »…
La respiration rendue anarchique par la présence de Carter au-dessus de lui, et par sa main toujours proche de son bas-ventre, et par son souffle brûlant contre sa peau… Jack ne parvenait plus à faire le moindre geste. Certes, il était parfaitement capable de se libérer de la jeune femme pour se sortir de cette situation. Mais son corps ne semblait pas en accord avec cette simple idée.
La mâchoire crispée, il tenta d’oublier les violents frissons qui parcouraient inlassablement son corps mais bientôt le gémissement de Carter vint confirmer ses craintes : elle avait parfaitement senti son désir…
Rouge de honte, effrayé à l’idée qu’elle le croit capable de profiter de la situation, il rassembla les dernières parcelles de sa raison et parvint dans un suprême effort à la repousser.
Remise violemment sur ses pieds, Sam le regarda, éperdue.
L’instant d’avant, il était enfin sur le point de perdre le contrôle, de se laisser aller… Et le voilà à présent soufflant comme un buffle, furieux.
Interloquée, la jeune femme resta quelques secondes sans voix. Malgré l’obscurité de la pièce, elle parvenait parfaitement à discerner les traits crispés de son supérieur.
Il jouait les offensés ! L'instant d'avant, il était… au mieux de sa forme et maintenant, Monsieur lui reprochait ce qui s'était passé !
Le regard de Sam se fit soudain glacial.
Le ton de la jeune femme était sans appel et Jack la dévisagea, abasourdi. Puis, prenant conscience d’avoir abusé, il se calma un peu.
Il savait maintenant qu'il était allé trop loin. Après tout, elle n'était pour rien dans ses malheurs. Et il devait reconnaître que jusqu’ici, elle s’était montrée extrêmement patiente face à ses sautes d’humeur.
Désireux de tempérer la colère de la jeune femme, il tenta un regard suppliant, espérant l’amadouer.
Il n'avait aucune envie de se retrouver à moitié nu dans la rue…
Raté! pensa-t-il devant la froideur inébranlable de son second. Nouvel essai et cette fois, mets le paquet !
Mais elle secoua la tête en signe de négation.
Trop facile, mon petit père !
Observant les efforts de son supérieur pour se faire pardonner, elle s'attendrit malgré elle devant sa tête de petit garçon malheureux. Mais bien que sentant sa colère fondre comme neige au soleil, elle essaya de ne pas le lui montrer. Elle n'avait aucune envie de lui céder si vite et s'accorda donc un peu de temps pour lui répondre.
Je suis si transparente que ça? se demanda-t-elle en réalisant qu'il avait vu clair dans son jeu.
Peu satisfaite de lui avoir concédé la victoire si rapidement, elle referma la porte sans dire un mot et resta debout, loin du canapé.
Jack fit la grimace, sentant la jeune femme encore un peu remontée.
De nouveau détendue, la jeune femme vint s’asseoir près du Colonel. Les bougies étaient dorénavant inutiles, leurs yeux s’étant habitués à la lueur des lampadaires extérieurs. De plus, dut reconnaître Sam, elle n’était pas pressée de mettre un terme à cette atmosphère tamisée.
Pour seule réponse, elle lui lança un regard noir.
L’ambiance s’était faite soudain plus complice et, après l’esclandre précédente, c’était inespéré. Les silences n’étaient plus pesants et Sam sentit son cœur battre plus vite à l’idée d’un possible rapprochement.
Jack se tourna aussitôt vers la jeune femme, scrutant son joli visage sans vergogne.
Il perdit aussitôt de sa superbe, pour le plus grand plaisir de Sam.
La jeune femme posa nonchalamment ses pieds sur la table basse, le regard rêveur.
Entrant dans son jeu, désireux de la voir à son tour embarrassée, Jack s’exclama vivement :
Ce n’est qu’une fois après les avoir prononcés que Jack réalisa le danger de tels propos. Ce genre de conversation ambiguë était on ne peut plus déconseillée !…
Surtout après tout ce qu’ils avaient vu… et touché…
Se raclant la gorge à la recherche d’un sujet moins risqué, il ravala la banalité qu’il s’apprêtait à lancer lorsque la jeune femme demanda contre toute attente :
Il mit quelques secondes à réagir face à cette tentative évidente de poursuivre sur cette pente glissante. Cherchant à mettre un terme à tout cela, il choisit de d’être le plus clair possible.
De plus en plus abasourdi, il observa le visage inexpressif de la jeune femme. C’était lui où il faisait de plus en plus chaud tout à coup… Maudit peignoir !
La bouche soudain plus sèche que le désert d'Abydos, Jack secoua nerveusement la tête, perplexe.
Sam hésita quelques secondes…
Qu’attendait-elle, au juste ? Ils étaient seuls, tous les deux, dans une ambiance des plus romantiques…
Posant une main douce mais ferme sur la nuque de Jack, elle s’approcha lentement de lui et frôla ses lèvres dans un baiser volontairement langoureux.
Tout d’abord d’une immobilité absolue, le corps d’O’Neill fut parcouru d’une violente vague de plaisir. Face à ce flux inattendu et bouleversant, son premier réflexe fut… de se rebeller.
Le regard troublé et un brin choqué de Jack vint rencontrer celui soudain mortifié de Sam. Humiliée par ce violent rejet, elle se recula instantanément. Le visage brûlant de honte, elle se détourna aussitôt, laissant s'installer un silence à couper au couteau.
Totalement chamboulé, Jack passa une main nerveuse sur sa nuque.
Décidément, cette semaine lui avait apporté son lot de "surprises". Et voila que Carter l'embrassait !
Mais qu'est-ce qui lui a pris? se demanda-t-il.
Il envisagea divers scénarii tous plus absurdes les uns que les autres pour expliquer son geste, lorsque le seul plausible lui apparut enfin.
S'il avait eu un mur à proximité, il se serait tapé la tête dessus en réalisant qu'il venait tout bonnement de repousser les avances de la jeune femme. Un mouvement imperceptible le sortit de ses pensées et il saisit vivement le bras de Sam qui se levait du canapé, fuyant sûrement loin de l'andouille qu'il était !
D’un geste ferme, il la fit se rasseoir à ses côtés.
D’un geste de la main, il fit signe à Sam de poursuivre… mais elle garda les lèvres closes, le regard ampli d’incertitude.
Comme la jeune femme restait obstinément immobile, refroidie par sa précédente réaction, il se décida à prendre les choses en main. Lentement, il fit les quelques centimètres qui les séparaient, hésita un bref instant puis frôla enfin les lèvres tremblantes de Sam. Le souffle court, il s’écarta légèrement, attendant un hypothétique rejet, mais le sourire qu’il reçut en retour l’incita à se rapprocher de nouveau. Tendrement, il redessina du bout des doigts le visage de la jeune femme, s’attardant sur la courbe douce de sa mâchoire délicate. Puis, son regard glissa sur les lèvres pleines et délicieuses, tendues vers lui, impatientes de le goûter à son tour. Il fondit alors sur elles avec l’avidité d’un affamé. Sam se cambra aussitôt à sa rencontre, enlaçant sa nuque avec convoitise, gémissant sous sa bouche vorace. Bientôt leurs langues entamèrent un balai enflammé, lascif… brusquement interrompu par le grondement sourd d'un camion passant dans la rue. Les murs se mirent à trembler et le couple se sépara vivement en entendant un cliquetis peu « rassurant ». D’un même mouvement, ils levèrent les yeux vers le lustre. Celui-ci oscilla dangereusement pendant quelques longues secondes… puis, dans un craquement significatif, se détacha… et s'écrasa sur le sol.
Dans un soupir, Jack se félicita intérieurement d'avoir eu la prudence de décaler le canapé un peu plus tôt dans la soirée.
Pour seule et unique réponse, un sourire carnassier vint lentement étirer les lèvres de Jack...
Epilogue: Murphy travailla bien cette nuit-là. La pilule, pourtant censée marcher à 99%, se montra étrangement inefficace. Quant aux préservatifs utilisés... Ils furent tous défectueux…